DIAT : IA frugale et transition écologique
L’intelligence artificielle frugale peut s’avérer être une solution pour les collectivités cherchant à concilier transition numérique et transition écologique. Peu consommatrices de ressources, données et en énergie, les solutions issues de l’appel à projets Démonstrateurs d’IA frugale au service de la transition écologique des territoires (DIAT), démontrent qu’innovation et durabilité ne sont pas forcément contradictoires. Ces projets explorent des usages concrets de l’IA dans la gestion de l’énergie, des déchets, de l’eau, de la mobilité ou de la planification environnementale. L’objectif est de faire de l’IA un levier d’efficacité, de sobriété et de résilience au service des politiques territoriales de transition écologique.
Ce dossier thématique rassemble les retours d’expérience, contenus experts, propositions d’action publiés sur Numérique360 traitant des projets DIAT.
Le rôle stratégique de l’IA frugale dans la transition écologique à l’échelle locale
Selon le Premier référentiel français sur l’IA frugale (juin 2024) publié par l’AFNOR en lien avec Ecolab, l’IA frugale est définie par 3 principes : démontrer la nécessité de l’IA plutôt qu’une autre alternative moins consommatrice en ressources, adopter les meilleures pratiques pour réduire l’impact environnemental de l’IA à chaque étape du projet, et s’assurer que l’utilisation de l’IA respecte les limites planétaires. L’IA frugale est ainsi une IA plus respectueuse de l’environnement, et moins consommatrice en ressources et en énergie.
Pour les collectivités territoriales, l’IA frugale représente un levier stratégique pour atteindre les objectifs de durabilité, réduire les coûts opérationnels, et répondre à la demande croissante des citoyens pour l’adoption d’une technologie plus responsable.
L’appel à projets DIAT a permis à un foisonnement d’innovations d’IA frugale de voir le jour. Mais contrairement aux projets d’IA traditionnels, les initiatives de l’appel à projets DIAT ont été sélectionnées pour leur capacité à générer un impact écologique positif, avec peu de ressources. Les projets couvrent divers secteurs, allant de la gestion des déchets urbains et de l’énergie, à la gestion des risques et au pilotage des bâtiments publics, et démontrent comment l’IA peut répondre à un problème public tout en étant respectueuse de l’environnement.
Un autre enjeu important est la réplicabilité de ces projets. L’objectif de ces projets est en effet d’être reproduits sur d’autres territoires par la suite, pour faire bénéficier d’autres collectivités de ces solutions.
Cas d’usage d’IA frugale au service de la transition écologique
Depuis 2023, 12 projets lauréats ont été nommés dans 7 régions et ont reçu un total de 20 M€.
Le projet ViPARE, mis en place par la ville de Metz, utilise l’IA pour détecter et comptabiliser les déchets urbains. L’application CoBRA, développée en partenariat avec NAIA Science et le Laboratoire Eau et Environnement, automatise la détection de déchets, remplace la surveillance manuelle, qui est à la fois chronophage et limitée. Des capteurs et des caméras détectent ainsi les zones nécessitant un nettoyage, permettant d’adapter les tournées des agents municipaux.
Dans d’autres territoires, l’IA frugale contribue à piloter la consommation énergétique des bâtiments publics. Le projet STACOPTIM, mené par Bordeaux Métropole modélise numériquement les bâtiments publics, instrumentés avec des capteurs (températures, hygométrie, consommation) puis analysés via des algorithmes. L’IA frugale permet ensuite de générer des centaines de scénarios de rénovation, de réaliser des simulations de leurs coûts, de leurs impacts énergétiques, et de leurs gains carbone. La collectivité peut alors choisir les travaux les plus performants, au meilleur rapport coût/efficacité.
Le projet des jumeaux numériques de Vendée quant à lui, est une initiative à grande échelle qui utilise l’IA et la modélisation 3D pour simuler les risques environnementaux et optimiser la gestion des ressources. La maquette 3D interactive représente l’entièreté du territoire de la Vendée (6 700 km2, 650 000 bâtiments). En croisant les données locales avec des algorithmes sobres, le département peut anticiper les impacts environnementaux à venir et adapter ses politiques publiques.
Enfin, le projet RECITAL à Noisy-le-Grand a pour objectif de réduire la consommation énergétique de 200 bâtiments publics de 20% d’ici 2026, et de 50% d’ici 2030. En utilisant l’IA pour analyser les données de consommation en temps réel, le projet permet d’identifier les opportunités d’optimisation de consommation. La première phase du projet a déjà permis une réduction de 10% de la consommation énergétique.