Indice de résilience numérique (IRN)
L'Indice de résilience numérique (IRN), lancé en janvier 2026 par aDRI, mesure les dépendances numériques des organisations via 8 piliers et un score de 0 à 100. Référentiel ouvert, gratuit, européen
Cette définition couvre également les termes :
- IRN
- Digital Resilience Index
- aDRI
L'Indice de résilience numérique (IRN) est un outil de pilotage stratégique permettant aux entreprises, organisations publiques et collectivités territoriales de mesurer, piloter et réduire leurs dépendances numériques critiques.
Il a été officiellement lancé le 26 janvier 2026 à Bercy lors des premières Rencontres de la souveraineté numérique. L'IRN évalue l'ensemble des vulnérabilités d'une organisation sur ses logiciels, données, infrastructures, actifs technologiques, compétences internes, gouvernance et capacité de résilience aux chocs.
L'initiative est portée par l'association à but non lucratif Digital Resilience Initiative (aDRI) en cours de création, cofondée par David Djaïz (Ascend Partners), Yann Lechelle (Sens Digital) et Arno Pons (Digital New Deal), avec Olivier Sichel, Directeur Général de la Caisse des Dépôts, comme Président d'Honneur. aDRI deviendra en 2026 une AISBL (association internationale sans but lucratif) pour accompagner le déploiement européen et international de l'indice.
Le référentiel méthodologique est publié sous licence Creative Commons (CC BY-NC-ND). Il est donc accessible à toute organisation souhaitant réaliser une auto-évaluation autonome de ses systèmes critiques. L'IRN se veut un référentiel de place, librement utilisable, comparable dans son approche au label B Corp pour la responsabilité sociale des entreprises.
Objectif de l'IRN : remettre la résilience numérique au cœur de la souveraineté européenne.
La création de l'IRN répond à un constat structurel : le coût de la dépendance numérique de l'Europe est estimé à 265 milliards d'euros selon le CIGREF, avec une grande partie des dépenses des entreprises européennes orientées vers des fournisseurs extra-européens, principalement américains. Dans un contexte marqué par l'intensification des risques géopolitiques, technologiques, industriels et réglementaires, l'IRN ambitionne de donner à l'Europe une boussole concrète pour reconquérir son autonomie numérique.
L'IRN ne promeut pas un repli technologique ou une rupture avec les acteurs américains. Son objectif est de rendre les dépendances visibles, assumées et arbitrables : chaque organisation peut continuer à s'appuyer sur les meilleures technologies disponibles, tout en étant capable de diversifier, migrer, renégocier ou activer des clauses de réversibilité si nécessaire.
Description technique de l'Indice de Résilience Numérique
L'IRN repose sur une méthodologie transparente et ouverte, structurée autour de 8 piliers évaluant la résilience à travers des critères quantitatifs et qualitatifs. Chaque organisation reçoit un scoring de 0 à 100, accompagné de visualisations sous forme de radars visuels (spider charts) et de rapports stratégiques exploitables aussi bien par les COMEX que par les DSI ou les directions des risques.
Les 8 piliers de l'IRN
- Résilience stratégique
- Résilience économique et juridique
- Résilience data et IA
- Résilience opérationnelle
- Résilience supply-chain
- Résilience technologique
- Résilience sécurité
- Résilience environnementale
Méthodologie d'évaluation
L'évaluation s'appuie sur un double volet de critères :
- Critères quantitatifs - Ils mesurent factuellement l'indépendance du système d'information, à trois échelles (nationale, européenne, extra-européenne).
- Critères qualitatifs - Ils évaluent la culture et l'organisation de l'entreprise vis-à-vis de ces enjeux.
Chaque critère reçoit un score R (Résilient) ou NR (Non Résilient), agrégé dans un score global de 0 à 100. L'approche part non pas de l'inventaire technique des systèmes, mais des métiers vitaux de chaque organisation : à partir des fonctions critiques, l'outil reconstruit les systèmes numériques qui les soutiennent et les évalue.
Cadre réglementaire et juridique lié à l'IRN
L'Indice de résilience numérique s'aligne étroitement sur les réglementations européennes structurantes en matière de numérique, de cybersécurité et de protection des données.
Directive NIS2
L'IRN évalue la capacité technique, organisationnelle et contractuelle d'une organisation à garantir la continuité des services essentiels, en s'appuyant sur des critères tels que la redondance des dispositifs, l'analyse des risques fournisseurs, la localisation souveraine des données et la robustesse des plans de continuité. Dans la chaîne d'approvisionnement numérique, l'IRN oriente la rédaction des clauses contractuelles sur les obligations de cybersécurité imposées aux fournisseurs tiers, aspect directement renforcé par la directive NIS2.
RGPD et protection des données
L'indice intègre l'évaluation de la conformité au RGPD, notamment en ce qui concerne la localisation des données personnelles, les transferts hors de l'Union européenne, la traçabilité des traitements et les mesures de sécurité appliquées aux données sensibles.
Règlement DORA
Le règlement européen sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier (DORA) partage une logique similaire à celle de l'IRN. L'indice s'inspire de cette approche en évaluant la résilience opérationnelle à partir des systèmes critiques de chaque organisation, quel que soit son secteur d'activité.
AI Act et Data Act
L'IRN prend en compte les exigences de l'AI Act en matière de gouvernance des systèmes d'intelligence artificielle (traçabilité, supervision humaine, conformité des données d'entraînement) et celles du Data Act sur la gouvernance et le partage des données.
Complémentarité avec les audits ANSSI
En miroir des audits de conformité menés par l'ANSSI, l'IRN dévoile les angles morts du système d'information, privilégiant une vision transversale indispensable au pilotage de la sécurité. L'indice encourage l'intégration de politiques documentées : procédures de gestion d'incidents, traçabilité des vulnérabilités, formation des agents et adoption de solutions certifiées. L'IRN devient ainsi une pièce à verser au dossier lors de la démonstration, auprès des financeurs ou des autorités, du sérieux d'une démarche en cybersécurité.
Enjeux de l'IRN pour les collectivités territoriales : une boussole pour développer la souveraineté numérique et la cybersécurité
Pour les collectivités territoriales, l'IRN constitue un outil de pilotage précieux dans un contexte où 22 % d'entre elles déclarent que la souveraineté numérique a déjà un impact sur certains de leurs choix stratégiques (source : Note de conjoncture Data, IA et Cybersécurité 2025). La note obtenue permet d'orienter les décisions à tous les niveaux d'utilisation des systèmes d'information.
Réglementation applicable aux collectivités
Les collectivités sont directement concernées par plusieurs des réglementations intégrées dans l'IRN. Le RGPD impose une protection stricte des données personnelles des citoyens. La directive NIS2 étend ses obligations à de nombreuses entités publiques. Les précautions juridiques liées à l'IA générative (AI Act, Data Act, RGS) s'ajoutent à ce cadre. L'IRN offre une grille de lecture transversale pour piloter l'ensemble de ces conformités de manière cohérente.
Acteurs et déploiement
Alliance public-privé
Le lancement de l'IRN a été officialisé le 26 janvier 2026 à Bercy avec le soutien ministériel de Madame la Ministre déléguée Anne Le Hénanff, en présence du CIGREF et de Numeum, les deux principales organisations professionnelles du numérique en France.
Partenaires fondateurs et design partners
Les premières organisations ayant expérimenté l'IRN en tant que « design partners » sont issues de secteurs variés, démontrant l'universalité de l'outil :
- RTE
- Docaposte
- Caisse des Dépôts
- CMA-CGM
- MAIF
- SNCF
- Groupe Aéroports de Paris
- Orange
- Ouest-France