Planifier la végétalisation du territoire grâce aux données satellitaires
Description de la proposition
Description de la proposition
En quoi consiste la végétalisation du territoire grâce aux données satellitaires ?
Les satellites ne servent pas seulement à contempler les étoiles. Les satellites sont des outils précieux pour l’observation de nos territoires. Ils fournissent des informations précises sur la végétation. Grâce à leurs images multispectrales (plusieurs longueurs d’onde, visibles et invisibles à l’œil nu), il est possible de calculer des indices comme le NDVI (Normalized Difference Vegetation Index – indice de végétation par différence normalisée).
Les satellites permettent de :
- repérer les zones pauvres en végétation,
- identifier les îlots de chaleur urbains,
- suivre les continuités écologiques,
- mesurer l’efficacité des aménagements (ombrage, infiltration de l’eau, désimperméabilisation).
La démarche repose sur trois volets :
- Un socle de données fiable : base centralisée, interopérable avec les systèmes d’information géographique (SIG), mise à jour régulière.
- Une programmation pluriannuelle : intégration des objectifs dans les documents d’urbanisme, phasage des actions, recherche de financements.
- Un suivi-évaluation : tableaux de bord publics et indicateurs pour mesurer surfaces végétalisées, températures, biodiversité, accessibilité aux espaces verts.
À quelle taille de collectivité s’adresse la végétalisation du territoire grâce aux données satellitaires ?
L’approche s’adapte à toutes les échelles, mais son usage diffère selon les moyens :
- Grandes métropoles et villes-centres : elles disposent de services SIG et de partenaires publics ou privés pour exploiter les données. Exemple : la Métropole du Grand Nancy avec le projet GreenUrbanSat (Cerema, Terranis, images Pléiades).
- Intercommunalités moyennes : recours à des prestataires ou start-up géospatiales pour transformer les images Sentinel-2 en diagnostics opérationnels intégrés aux Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux (PCAET). Exemple : le projet Urban Green View (Essen, Bochum, Dortmund, soutenu par l’Agence spatiale européenne).
- Petites communes et territoires ruraux : accès indirect grâce à des structures mutualisées (parcs naturels régionaux, syndicats de bassin versant, EPCI), qui assurent le traitement et fournissent les cartes clés en main. Les images Sentinel sont libres d’accès, mais ce sont les partenariats techniques et la mutualisation qui rendent la méthode réellement exploitable pour toutes les collectivités.
Dans quel cadre et pour répondre à quels besoins envisager d'utiliser les données satellitaires ?
Cette action répond aux besoins d’adaptation climatique, de réduction des risques (canicules, inondations), de préservation de la biodiversité, mais aussi d’optimisation des investissements publics grâce à des diagnostics fiables.
La démarche s’inscrit dans un cadre réglementaire qui impose aux collectivités d’intégrer la végétalisation et la lutte contre l’artificialisation des sols :
En France :
- le Code de l’urbanisme exige que les documents de planification (Schéma de Cohérence Territoriale – SCoT, Plan Local d’Urbanisme – PLU, Plan Local d’Urbanisme intercommunal – PLUi) intègrent la protection de l’environnement et la réduction des îlots de chaleur,
- les Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux (PCAET), obligatoires pour les intercommunalités de plus de 20 000 habitants, constituent un cadre opérationnel,
- la Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC) et le Plan National d’Adaptation au Changement Climatique (PNACC) promeuvent l’usage d’outils géospatiaux pour mieux adapter les territoires,
- la loi Climat et Résilience (2021) fixe l’objectif de « zéro artificialisation nette » (ZAN) d’ici 2050.
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À l’échelle européenne :
- la directive INSPIRE favorise l’harmonisation des données géographiques,
- le programme Copernicus fournit gratuitement des images satellitaires Sentinel de haute qualité.
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Quels sont les avantages et bénéfices attendus de la mise en place de l'imagerie satellitaire ?
Pour les collectivités :
L’imagerie satellitaire permet d’optimiser les investissements en ciblant précisément les zones à végétaliser (quartiers denses, parkings, cours d’écoles), de fonder les décisions sur des données objectives (indices de végétation, cartes thermiques), et de suivre l’efficacité des actions dans le temps grâce à des mises à jour régulières. Elle facilite aussi la conformité réglementaire (Plans Climat-Air-Énergie Territoriaux, Stratégie nationale bas-carbone, objectif Zéro artificialisation nette) et fournit des supports visuels partagés pour renforcer la concertation entre élus, services et habitants.
Pour les habitants :
La végétalisation est implantée en priorité là où les besoins sont les plus forts (quartiers surchauffés, peu dotés en espaces verts). Les données permettent une réduction mesurable des îlots de chaleur, une répartition plus équitable des espaces de fraîcheur et une meilleure transparence grâce à des cartes et tableaux de bord accessibles.
Quelles sont les étapes de mise en œuvre ?
Étape 1 - Obtenir les images.
Les satellites Sentinel-2 (programme Copernicus) fournissent gratuitement des images tous les 5 jours, avec un niveau de détail de 10 mètres. Pour aller plus finement (par exemple distinguer un arbre isolé), certaines collectivités passent par des prestataires qui utilisent les satellites Pléiades (50 cm de résolution, payant).
Étape 2 - Faire traiter les données.
Les images brutes ne sont pas exploitables seules. Des prestataires spécialisés (start-up géospatiales, bureaux d’études, Cerema) les transforment en cartes montrant la végétation, les sols imperméabilisés ou les zones les plus chaudes.
Étape 3 - Repérer les zones prioritaires.
Les cartes révèlent où agir en priorité : cours d’écoles bétonnées, parkings, quartiers denses. Exemple : à Nancy, le projet GreenUrbanSat a croisé la végétation avec les zones climatiques locales pour cibler les interventions.
Étape 4 - Construire un plan d’action.
Fixer des objectifs chiffrés (surface à végétaliser, nombre d’arbres), établir un calendrier et intégrer ces choix dans les documents d’urbanisme ou les plans climat.
Étape 5 - Trouver les financements.
Budgets locaux, subventions régionales, nationales, européennes (FEDER, Life), et partenariats privés.
Étape 6 - Suivre et montrer les résultats.
Les satellites permettent de vérifier régulièrement l’évolution du couvert végétal et des températures. Les résultats peuvent être partagés via un tableau de bord public, comme la plateforme Green City du Grand Nancy.
Quels sont les moyens à mettre en place pour utiliser les données satellitaires?
La collectivité n’a pas besoin de “faire tourner ses propres satellites”. Elle doit plutôt coordonner les acteurs, financer les bonnes étapes et partager les résultats.
Moyens humains
- Mobiliser des urbanistes et écologues pour intégrer la végétalisation dans les projets.
- S’appuyer sur des techniciens SIG (systèmes d’information géographique) et des prestataires spécialisés (start-up géospatiales, bureaux d’études, Cerema) pour exploiter les données satellites.
- Désigner un chef de projet pour coordonner les actions entre services, élus et partenaires.
Moyens techniques
- Accéder aux images gratuites de Sentinel (via Copernicus) ou à haute résolution via des prestataires (Pléiades).
- Disposer d’un SIG ou d’une plateforme cartographique pour stocker et visualiser les données.
- Mettre en place des indicateurs de suivi : surface végétalisée, baisse des températures, biodiversité observée.
Moyens financiers
- Subventions régionales, nationales (ADEME, Agences de l’eau) et européennes (FEDER, Life, Horizon Europe).
- Partenariats privés ou mécénat (entreprises, bailleurs sociaux).
Moyens communicationnels
- Ateliers participatifs pour impliquer habitants et associations.
- Campagnes d’information pour expliquer les choix et valoriser les résultats.
- Tableaux de bord publics (plateforme en ligne, cartographies interactives).
Comment mesurer la réussite de l’action ?
- Surface végétalisée créée : en hectares (ha) ou en m².
- Amélioration de la couverture végétale : en pourcentage (%) d’augmentation par rapport à la surface initiale.
- Réduction des îlots de chaleur : en degrés Celsius (°C) de baisse de température de surface.
- Qualité de l’air et biodiversité locale : concentration de particules fines (µg/m³), nombre d’espèces recensées.
- Accessibilité des espaces verts et satisfaction des habitants : pourcentage (%) de population à moins de 300 m d’un espace vert, taux de satisfaction mesuré par enquête.
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Les conseils des élus qui sont déjà passés à l’action :
- S’appuyer sur des partenaires techniques.
- Intégrer la végétalisation dans les documents d’urbanisme.
- Montrer les résultats aux habitants.
- Mutualiser pour réduire les coûts : une petite commune ne peut pas porter seule ce type de démarche, mais peut en bénéficier à travers son intercommunalité ou un parc naturel régional.
Quelques données clés sur la planification de la végétalisation du territoire grâce aux données satellitaires
Proposition applicable pour les collectivités suivantes
- Urbain
- Péri-Urbain
- Rural
- Montagne
- Littoral