Déployer une GTB pour optimiser le fonctionnement des bâtiments publics et atteindre les objectifs du décret BACS
Description de la proposition
<p>Afin d’être en conformité avec les objectifs fixés par le décret BACS, la mise en place d’un pilotage à distance des bâtiments publics (notamment via une GTB) permet d’optimiser la gestion du chauffage, de la ventilation, de l’éclairage… en fonction de l’occupation réelle. Le gain énergétique peut atteindre 20 à 30 %, tout en facilitant la gestion multisites et en améliorant le confort des usagers.</p>
Description de la proposition
En quoi consiste la mise en place d'une GTB ?
Il s’agit de mettre en place un pilotage à distance des bâtiments publics, afin d’optimiser leur performance énergétique, en les équipant d’un système de Gestion Technique du Bâtiment (GTB) ou de Gestion Technique Centralisée (GTC). Ces derniers permettent de piloter en temps réel le chauffage, la ventilation, la climatisation, l’éclairage, la production d’eau chaude ou encore certains équipements spécifiques (pompes, stores, etc.). Le principe repose sur un réseau de compteurs connectés, de capteurs et d’automates qui mesurent en continu des paramètres clés (température, hygrométrie, consommation électrique, fréquentation, qualité de l’air…). Ces données sont transmises vers une plateforme centralisée, souvent hébergée dans le cloud, accessible aux agents techniques et aux décideurs via une interface web ou mobile.
Ainsi, la mise en place d’une GTB permet de répondre aux besoins des bâtiments de toutes tailles et aux obligations du décret BACS. En effet, au-delà de l’installation d’équipements connectés (vannes thermostatiques, modules de commande via fil pilote, relais pour ballon d’eau chaude, climatisation ou pompe à chaleur), elle permet de gérer à distance les mesures (température, CO2…), le pilotage (chauffage, éclairage, ventilation), la sécurité, le contrôle d’accès, ou encore le comptage multi-énergie. Certaines solutions d’hypervision multiprotocoles centralisent aussi les données des GTB existantes, croisées avec celles de sous-compteurs, capteurs de présence, bornes Wi-Fi ou caméras de comptage, afin d’ajuster au plus juste les consignes.
Dans quel cadre et pour répondre à quels besoins envisager de déployer une GTB ?
Dans un contexte de transition énergétique et de maîtrise des dépenses publiques, le pilotage à distance s’impose comme un levier stratégique qui s’inscrit d’abord dans le cadre réglementaire, et notamment celui du décret BACS (Building Automation & Control Systems) qui impose l’installation, d’ici 2025 ou 2027 selon la puissance installée, de systèmes d’automatisation et de contrôle assurant le suivi en continu des consommations et le pilotage des équipements (chauffage, ventilation, climatisation, éclairage…).
Si les bâtiments récents sont souvent équipés de GTB dès leur construction, leur mise à jour est rare et leur performance varie. Beaucoup sont en classe C ou D, alors que les classes A ou B sont exigées pour bénéficier de certaines aides comme les CEE. Pour atteindre ces standards, il est possible de connecter les GTB existantes à une plateforme plus performante, éventuellement en ajoutant des capteurs, pour centraliser les données et optimiser la régulation.
Au-delà des obligations, le besoin exprimé par de nombreuses collectivités est de reprendre la main sur leurs bâtiments. En s’appuyant sur une plateforme de pilotage intégrée, elles peuvent construire une stratégie d’économies d’énergie, prioriser les investissements et améliorer la performance globale de leur parc.
Quels sont les avantages et bénéfices attendus de la mise en place d'une GTB ?
Pour la collectivité :
La mise en place d’une GTB apporte un gain majeur dans la gestion des usages intermittents, particulièrement fréquents dans les bâtiments publics. Jusqu’ici, la priorité donnée au confort sur les considérations d’économies se traduisait souvent par des équipements surchauffés. Grâce au pilotage, la collectivité peut adapter précisément les réglages aux besoins réels, bâtiment par bâtiment et même zone par zone, réduisant ainsi les gaspillages.
De plus, la GTB contribue à la fiabilité du service rendu : détection précoce des pannes, interventions rapides et continuité de fonctionnement des équipements essentiels (chauffage en hiver, ventilation dans les écoles ou crèches). Enfin, la transparence sur la performance énergétique des bâtiments publics, rendue possible par la centralisation des données, valorise l’engagement de la collectivité en faveur de la transition écologique.
Pour les usagers :
Pour les usagers, une GTB bien paramétrée améliore le confort thermique et environnemental : températures adaptées, qualité de l’air maîtrisée (CO2, humidité), éclairage optimisé. Il permet d’offrir le bon niveau de service en fonction de l’usage des locaux, tout en optimisant le confort. Par exemple, dans un groupe scolaire, c’est l’assurance de chauffer de manière optimale le lundi matin pour accueillir élèves et enseignants, mais aussi de pouvoir programmer un léger abaissement de la température en fin de matinée pour éviter la surchauffe, ou encore de pouvoir adapter les réglages selon les activités (cours, clubs, utilisation des espaces multifonctions).
Quelles sont les étapes de mise en œuvre ?
Etape 1 : Audit technique et définition du périmètre
Un diagnostic initial permet de recenser les bâtiments concernés, les systèmes techniques existants (chauffage, ventilation, éclairage, climatisation), et d’identifier les équipements à raccorder à une GTC (pour centraliser et automatiser la gestion d’un seul sous-système, comme le chauffage ou l’éclairage par exemple) ou à une GTB (pour piloter l’ensemble des équipements). Cette phase précise aussi les zones de pilotage (ex. : bureaux administratifs, salle du conseil), la présence éventuelle de GTB existantes, et les besoins en instrumentation complémentaire (capteurs, sous-compteurs).
Etape 2 : Cadrage budgétaire et choix des solutions
Le coût du projet dépend du nombre de bâtiments, de la complexité des installations et du niveau d’automatisation souhaité. Plusieurs scénarios peuvent être établis, en intégrant les subventions mobilisables. Cette étape inclut la sélection des protocoles de communication (LoRaWAN, IP, BACnet, Modbus, KNX,) et de la plateforme logicielle. Si une GTB est déjà en place, il faut étudier la faisabilité de son interfaçage. Ce cadrage inclut plusieurs scénarios techniques et budgétaires, afin de planifier une évolution progressive.
Etape 3 : Procédure d’achat
Selon le montant et la nature du projet, la collectivité peut recourir à un appel d’offres, un marché à procédure adaptée ou une centrale d’achat.
Etape 4 : Installation et raccordement
L’installation est généralement rapide et peut être réalisée par le prestataire ou par les agents municipaux. Les systèmes existants sont intégrés pour permettre un pilotage unifié.
Etape 5 : Configuration et formation
Les plans des bâtiments sont intégrés à la plateforme, les consignes et scénarios horaires sont paramétrés, et les agents sont formés à l’utilisation de la GTB et à l’interprétation des données. Après trois semaines d’exploitation, un premier bilan est réalisé.
Etape 6 : Phase d’exploitation et optimisation continue
Une fois le système en service, des bilans réguliers sont effectués pour ajuster les réglages, affiner les scénarios et maximiser les économies. Cette phase inclut également la maintenance préventive et les mises à jour logicielles.
Quels sont les moyens à mettre en place pour déployer une GTB ?
Moyens techniques :
La technologie LoRaWAN est souvent privilégiée. Elle permet la transmission longue portée avec un faible coût d’exploitation. Selon la topologie des lieux, il faut choisir entre un réseau public (opérateur), un réseau communautaire mutualisé ou un réseau privé géré par la collectivité. Une antenne intérieure couvre généralement jusqu’à 800 mètres, tandis qu’une antenne extérieure peut atteindre 3,5 km, ce qui suffit souvent pour couvrir l’ensemble d’un village. Sur de grands sites, l’usage de l’IP permet une communication directe avec la GTB ou des automates dédiés. Les équipements déployés (vannes thermostatiques connectées, capteurs, passerelles de communication, etc.) sont choisis en fonction du profil de consommation des bâtiments et des économies attendues, en veillant à viser des résultats rapides.
Moyens humains :
Les grandes collectivités disposent souvent d’un responsable énergétique. Alors que les très grandes collectivités peuvent avoir des équipes spécialisées par typologie de bâtiments. Pour bien faire, des formations doivent être organisées à plusieurs niveaux : techniciens, mainteneurs et élus, pour garantir une bonne appropriation du dispositif.
Comment mesurer la réussite de l’action ?
- Taux de réduction de la consommation d’énergie globale (kWh) et par usage (chauffage, ventilation, climatisation, éclairage…), en lien avec les objectifs réglementaires (décret tertiaire, décret BACS) ;
- Taux de respect des consignes de température dans les zones fonctionnelles ;
- Nombre et nature des alertes reçues et traitées (dépassement de température, surconsommation, anomalies techniques) ;
Quelques données clés sur la mise en place d'une GTB
Proposition applicable pour les collectivités suivantes
- Urbain
- Péri-Urbain
- Rural
- Montagne
- Littoral