Orléans Métropole (45) modernise son éclairage public grâce aux LED et à la supervision centralisée
Face à la hausse des coûts de l’énergie, Orléans Métropole a engagé la modernisation de son réseau d’éclairage public. L’objectif : remplacer progressivement les 60 000 points lumineux par des LED tout en déployant un système de télégestion centralisé. Cette supervision permet de piloter à distance l’ensemble du parc d’éclairage, d’ajuster l’intensité lumineuse et d’optimiser les opérations de maintenance. En s’appuyant sur ce pilotage numérique du réseau, la collectivité vise à réduire fortement sa consommation énergétique, maîtriser ses coûts et mieux prendre en compte les enjeux de biodiversité nocturne. Le projet doit être entièrement déployé d’ici 2026.
Tous les élus étaient favorables à un déploiement rapide, et en moins d’un an, nous avons commencé à remplacer les éclairages publics par des LED.
En quoi consiste concrètement le projet et quels sont ses principaux objectifs ?
Le projet vise à moderniser l’ensemble du réseau d’éclairage public de la métropole, qui compte environ 60 000 points lumineux répartis sur 22 communes. L’objectif est d’atteindre un parc d’éclairage entièrement équipé en LED, tout en mettant en place un système de télégestion centralisée permettant de superviser et de piloter le réseau à distance.
Concrètement, la Métropole remplace progressivement les luminaires existants par des lanternes LED ou procède à des opérations de retrofit, lorsque les équipements peuvent être modernisés sans être totalement remplacés. Parallèlement, le projet prévoit la modernisation de 1 452 armoires d’éclairage, qui constituent les points de pilotage du réseau.
Grâce à cette infrastructure, la collectivité pourra superviser l’ensemble du parc depuis un pôle central, ajuster l’intensité lumineuse, détecter plus rapidement les dysfonctionnements et optimiser les opérations de maintenance. Ce pilotage permettra également d’adapter l’éclairage aux usages et aux enjeux environnementaux, notamment en matière de sobriété énergétique et de préservation de la biodiversité nocturne.
La télégestion permet de piloter à distance l’ensemble du réseau d’éclairage public depuis un point unique. Concrètement, chaque armoire d’éclairage est équipée d’un dispositif qui permet de communiquer avec une plateforme de supervision.
Grâce à ce système, les équipes peuvent allumer ou éteindre l’éclairage, ajuster l’intensité lumineuse ou modifier les plages horaires sans intervenir physiquement sur le terrain. Cela permet d’adapter l’éclairage en fonction des usages ou des périodes de la nuit.
La télégestion facilite également la maintenance du réseau. Les équipes peuvent identifier plus rapidement les pannes ou les dysfonctionnements et intervenir de manière ciblée.
Ce système permet aussi de mieux suivre le fonctionnement du réseau à l’échelle de la métropole. Les données remontées par les équipements permettent d’avoir une vision plus précise des consommations et d’ajuster les stratégies de sobriété énergétique.
Comment le sujet s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?
Tout a commencé à la fin de l’année 2022, lorsque les collectivités se sont retrouvées confrontées à une forte hausse des prix de l’énergie et à une exigence accrue de sobriété énergétique. Il devenait indispensable de trouver des solutions pour réduire la consommation d’électricité de l’éclairage public, qui représente un poste de dépense important pour les collectivités.
Dans ce contexte, la Métropole a d’abord pris une mesure immédiate : l’extinction de l’éclairage public entre minuit et 5 heures dans la plupart des communes. Cette décision a permis de réduire rapidement la consommation d’énergie.
Au début de l’année 2023, une concertation a ensuite été menée avec les maires des 22 communes de la Métropole. C’est à ce moment-là que l’idée d’un passage progressif à l’éclairage public en LED, associé à un système de télégestion, a émergé. L’objectif était de moderniser le réseau pour mieux piloter l’éclairage, réduire les consommations d’énergie et simplifier la maintenance.
Dès le départ, il y a eu un consensus très large entre les élus pour engager ce projet. Tous étaient favorables à un déploiement rapide. En moins d’un an, les premières opérations de remplacement des luminaires ont pu être engagées.
La Métropole joue un rôle de coordination, mais les communes restent directement concernées par la gestion de l’éclairage public. Les maires conservent notamment leurs compétences en matière de police de l’éclairage, ce qui nécessite un travail étroit avec l’ensemble des communes pour construire une stratégie commune.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Le passage aux LED constituait une première étape pour réduire la consommation d’énergie. Mais très vite, nous avons compris que le véritable levier résidait aussi dans la capacité à piloter le réseau d’éclairage à distance. La télégestion permet de superviser l’ensemble du parc depuis un point unique et d’intervenir plus rapidement en cas de dysfonctionnement.
Ce système offre également une meilleure connaissance du fonctionnement du réseau. Il devient possible de suivre les consommations, d’ajuster les plages horaires d’éclairage ou de moduler l’intensité lumineuse en fonction des besoins. Cela ouvre des perspectives intéressantes pour optimiser les usages et adapter l’éclairage à différents contextes, par exemple sur les axes structurants ou dans les quartiers résidentiels.
Cette supervision centralisée nous permet aussi de mieux piloter notre politique énergétique à l’échelle de la métropole. En disposant de données plus précises sur le fonctionnement du réseau, nous pouvons identifier les marges de progression et ajuster nos stratégies de sobriété énergétique.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Non, il n’y a pas eu d’étude de faisabilité à proprement parler, car nous souhaitions agir rapidement. Cependant, un diagnostic terrain a été mené pour recenser les points lumineux sur l'ensemble de la métropole. Des agents patrouilleurs de la Métropole se sont rendus sur place pour identifier les 60 000 points lumineux présents.
Nous avons ensuite fait appel à un expert qui a analysé les 1 500 armoires d'éclairage public de la métropole. Parmi celles-ci, il a identifié les 10% les plus consommatrices à changer en priorité. Cela a constitué notre point de départ. Toutefois, nous avons veillé à intervenir dans toutes les communes. Si aucune des 1 500 armoires les plus consommatrices ne se trouvait dans une des communes, nous avons alors identifié l'armoire la plus consommatrice de cette commune afin de la changer.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Avant d’engager ce projet, nous avons fait appel à un expert capable d’analyser précisément les besoins du territoire et l’état du parc d’éclairage public. Cet expert nous a accompagnés dans l’élaboration de la stratégie de déploiement, en tenant compte des différentes technologies disponibles.
Trois approches principales ont été retenues. Dans 69% des cas, les installations ont été entièrement remplacées par des lanternes LED. Dans 20% des situations, nous avons privilégié le retrofit, qui consiste à moderniser un luminaire existant en y intégrant des LED sans remplacer toute la structure. Cette solution présente également un intérêt environnemental, puisqu’elle limite l’utilisation de nouveaux matériaux, notamment le plastique. Enfin, dans 11 % des cas, des ampoules LED ont été installées dans des luminaires déjà récents, ce qui permet d’éviter des interventions plus lourdes.
Il est également important de souligner que l’installation des nouveaux équipements a été réalisée par les électriciens monteurs de la Métropole, qui se sont appuyés sur les recommandations issues de l’expertise et du diagnostic initial.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Il faut évidemment prendre le temps de définir une stratégie de déploiement cohérente. Par exemple, nous avons choisi de concentrer la deuxième phase du projet sur les lignes A et B du tramway, ainsi que sur des zones stratégiques dans chaque commune. Ces axes traversent presque l’ensemble des communes de la métropole et ce sont aussi les secteurs où l’éclairage est le moins souvent éteint, seulement entre 2 heures et 5 heures du matin. En modernisant en priorité ces zones, nous pouvons donc réaliser davantage d’économies d’énergie sur le long terme.
Concernant les citoyens, la Métropole a mené une campagne de communication externe pour expliquer le projet. Le passage aux LED n’a pas suscité de réclamations particulières. En revanche, certaines remontées ont concerné l’extinction de l’éclairage public pendant la nuit. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous avons engagé la modernisation du parc : une fois le passage aux LED achevé, nous pourrons réévaluer la pertinence de maintenir ces périodes d’extinction.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Globalement, ce projet est financé à 100% par la Métropole d’Orléans. Le projet devrait coûter environ 12 millions d’euros sur trois ans de déploiement, soit 4 millions par an. Nous ne sommes malheureusement pas éligibles à une partie des aides du Fonds Vert, car nous sommes un territoire de plus de 10 000 habitants. Une autre contrainte du Fonds Vert est qu’il faut attendre de recevoir les subventions avant de démarrer le projet, mais nous voulions avancer rapidement. C’est aussi une des raisons pour lesquelles nous n’avons pas sollicité leurs aides.
Le département nous était aussi venu en aide sur un projet de modernisation et d’éclairage public dans un quartier d’Orléans en 2022.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné la Métropole d’Orléans dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Ce projet a été porté et réalisé à 100% par la Métropole. Nous travaillons, cependant, en étroite collaboration avec l’ensemble des communes concernées. Nous veillons à les consulter régulièrement, en leur présentant ce qui a été réalisé et en échangeant sur les avancées. Deux fois par an, nous organisons des rencontres pour un faire un bilan et pour ajuster le projet si c’est nécessaire.