Vidéoprotection
La vidéoprotection désigne les systèmes de caméras qui filment la voie publique ou les lieux ouverts au public, installés sur autorisation du préfet pour des finalités de sécurité fixées par le Code de la sécurité intérieure.
Cette définition couvre également les termes :
- vidéoprotection de la voie publique
Définitions
Définition simple : qu'est-ce que la vidéoprotection pour une collectivité ?
La vidéoprotection désigne un système de caméras qui filme la voie publique ou des lieux ouverts au public, installé sur autorisation du préfet par une autorité publique ou, pour ses abords et ses locaux, par un organisme privé, afin de prévenir les atteintes à la sécurité des personnes et des biens et de constater des infractions.
Le terme se distingue de la vidéosurveillance, qui filme des lieux non ouverts au public, comme des ateliers, des réserves ou des bureaux, et relève du règlement général sur la protection des données (RGPD) et, pour les salariés, du Code du travail. La vidéoprotection relève d'un régime propre, celui du Code de la sécurité intérieure (CSI), avec une autorisation préfectorale et des finalités limitatives.
Les enjeux de la vidéoprotection pour les communes
La commune est le principal acteur de la vidéoprotection de voie publique : elle seule, avec les autres autorités publiques, peut filmer la rue. Le maire décide des emplacements, porte la demande d'autorisation, finance l'équipement et organise l'exploitation, souvent dans un centre de supervision urbain où des opérateurs regardent les images en temps réel.
La décision engage des coûts durables. La Cour des comptes relève, dans son rapport d'octobre 2020 sur les polices municipales, une estimation du ministère de l'Intérieur d'environ 3 000 euros par caméra et par an pour l'exploitation, et note qu'aucune corrélation globale n'apparaît, sur son échantillon, entre la présence de caméras et le niveau de délinquance.
La mutualisation progresse : intercommunalités et syndicats mixtes achètent, installent et exploitent des caméras pour le compte des communes, et les réseaux de fibre optique publics servent à les raccorder.
Définition technique : architecture d'un système de vidéoprotection
Un système de vidéoprotection comprend quatre couches. Les caméras, fixes, orientables (dôme motorisé) ou multicapteurs à 360°, avec vision nocturne et gestion des contre-jours. Le réseau de transmission, filaire (fibre optique) en ville et radio en zone rurale, selon la Cour des comptes. Le stockage des enregistrements, sur serveur local ou enregistreur numérique. Le poste d'exploitation, du simple écran en mairie au centre de supervision urbain doté d'un logiciel de gestion vidéo (VMS, video management system).
Les paramètres fixés par l'arrêté préfectoral sont les suivants : nombre et emplacement des caméras, finalités, personnes habilitées, durée de conservation dans la limite d'un mois. Le préfet peut aussi autoriser un périmètre vidéoprotégé, au titre du décret n° 2009-86 du 22 janvier 2009, où le nombre de caméras évolue selon les besoins.
Les mesures de sécurité exigées par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) portent sur la confidentialité, l'intégrité et la disponibilité des images : comptes nominatifs, contrôle d'accès, chiffrement des flux, masquage irréversible des fenêtres d'habitation, registre des consultations conservé 3 ans. Le coût d'installation d'une caméra varie du simple au quintuple dans l'échantillon de la Cour des comptes, de 5 521 euros au Teil (07) à 25 918 euros à Clamart (92).
Définition juridique et réglementaire de la vidéoprotection
L'autorisation préfectorale et les finalités
La vidéoprotection est régie par les articles L251-1 à L255-1 du Code de la sécurité intérieure (CSI). L'article L251-2 fixe une liste limitative de finalités : sécurité des personnes et des biens dans les lieux exposés aux agressions, aux vols ou au trafic de stupéfiants, prévention du terrorisme, infractions routières, dépôts d'ordures, protection des bâtiments publics, secours. Le préfet autorise l'installation après avis de la commission départementale de vidéoprotection (article L252-1), pour cinq ans renouvelables (article L252-4).
Les garanties pour les personnes filmées
Les caméras ne visualisent ni l'intérieur des immeubles d'habitation ni, de façon spécifique, leurs entrées (article L251-3). Les enregistrements sont détruits dans un délai d'un mois au plus (article L252-5). Des panneaux informent le public (article R253-6). Une autorité publique effectue une déclaration de conformité auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) (article R253-7). Les personnes filmées disposent d'un droit d'accès aux images.
La vidéosurveillance des lieux non ouverts au public
Hors voie publique et lieux ouverts au public, les caméras relèvent du règlement général sur la protection des données (RGPD). Pour les salariés de droit privé, le Code du travail impose la proportionnalité (article L1121-1), l'information individuelle (articles L1221-9 et L1222-4) et la consultation du comité social et économique (article L2312-38).
| Cas d’usage | Description | Bénéfices pour les collectivités |
|---|---|---|
| Raccorder les caméras à un réseau de fibre publique | Un syndicat départemental réutilise le réseau de fibre optique d'abord déployé pour l'accès à internet afin de transporter les flux de vidéoprotection des communes, puis de piloter l'éclairage public. Retour d'expérience. |
Un réseau déjà financé mis au service de la sécurité, sans suréquipement. |
| Équiper les bâtiments publics par un catalogue mutualisé | Un syndicat mixte ouvert propose aux 194 communes du département un catalogue de services qui inclut la vidéoprotection et le contrôle d'accès des bâtiments, commandés sur un site dédié et facturés selon une grille tarifaire commune. Retour d'expérience. |
Des équipements de sûreté accessibles aux petites communes, sans marché propre à chacune. |
| Coupler caméras et capteurs sonores contre les nuisances | Une ville relie les pics sonores relevés par des sonomètres sur des périmètres sensibles aux images de ses caméras de vidéoprotection, puis dépêche une patrouille pour constater et verbaliser. Retour d'expérience. |
Des nuisances nocturnes traitées sur constat, pas sur simple plainte. |
| Prévenir et constater les dépôts d'ordures | Une commune installe, au titre de la finalité prévue par l'article L251-2 du Code de la sécurité intérieure, des caméras autorisées par le préfet sur des points de dépôt récurrents, exploitées par des agents habilités. Retour d'expérience à venir sur ce cas d'usage. | Des sites de dépôt sauvage surveillés et des contrevenants identifiés. |