ATMO
Atmo France fédère le réseau des Associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA), organismes régionaux qui surveillent, évaluent et informent sur la qualité de l'air. Le terme ATMO désigne aussi l'indice journalier de qualité de l'air diffusé sur l'ensemble du territoire. Pour une collectivité, ATMO constitue une source de données environnementales, un outil d'aide à la décision et un support de communication publique sur des enjeux liés à la santé, aux mobilités et à la tran
Cette définition couvre également les termes :
- AASQA
- Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l'Air
- Observatoires de l'air
Définition simple d'ATMO
ATMO désigne à la fois un réseau de surveillance et un indice de qualité de l'air accessible à tous. Le réseau Atmo France fédère 18 associations régionales qui mesurent en continu les polluants atmosphériques sur l'ensemble du territoire français. Ces structures assurent la surveillance, l'analyse et la diffusion d'informations sur la qualité de l'air, destinées aux citoyens comme aux décideurs locaux.
L'indice ATMO est un indicateur journalier qui traduit la qualité de l'air en une échelle simple de 1 à 6, du bleu (bon) au magenta (extrêmement mauvais). Cet indice repose sur la mesure de cinq polluants réglementés : particules fines PM10 (diamètre inférieur à 10 micromètres) et PM2,5 (diamètre inférieur à 2,5 micromètres), l'ozone, le dioxyde d'azote et le dioxyde de soufre. Le qualificatif retenu chaque jour correspond au polluant présentant la concentration la plus élevée.
Chaque jour à 14h00, une prévision de l'indice ATMO est publiée gratuitement sur une carte interactive nationale, consultable sur le site atmo-france.org. Cette carte affiche l'indice du jour et la prévision du lendemain à l'échelle de chaque commune ou intercommunalité. La légende de la carte utilise un code couleur allant du bleu au magenta, permettant aux habitants de repérer rapidement le niveau de pollution près de chez eux.
Pour les collectivités, ATMO constitue un outil précieux pour informer les habitants, adapter les politiques de mobilité, orienter les actions de santé environnementale et piloter les stratégies locales de transition écologique. Les données produites permettent d'identifier les zones exposées, d'anticiper les épisodes de pollution et d'évaluer l'impact des mesures mises en œuvre sur le territoire.
Définition technique de l'indice ATMO
L'indice ATMO est calculé chaque jour par les associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA) à partir de cinq polluants réglementés : l'ozone, le dioxyde d'azote, le dioxyde de soufre et les particules fines PM10 et PM2,5. Pour chaque polluant, un sous-indice est calculé, et le qualificatif retenu correspond au sous-indice le plus dégradé, c'est-à-dire au polluant dont la concentration est la plus préoccupante pour la journée considérée.
La méthodologie de calcul repose sur deux sources complémentaires : les mesures des stations de fond et la modélisation. Cette dernière intègre les inventaires d'émissions de polluants, les prévisions météorologiques et des données issues de plateformes externes de prévision de la qualité de l'air. Cette approche combinée permet d'obtenir une représentation fiable et détaillée de la pollution atmosphérique sur l'ensemble du territoire.
L'indice est diffusé à une échelle fine, au niveau de la commune ou, selon les cas, de l'intercommunalité, ce qui en fait un outil directement mobilisable dans l'action territoriale. La carte interactive nationale, mise à jour quotidiennement à 14h00, permet de consulter gratuitement l'indice du jour et la prévision du lendemain.
L'échelle de l'indice ATMO comporte six niveaux, permettant une lecture immédiate de la qualité de l'air :
| Niveau | Qualificatif | Couleur |
|---|---|---|
| 1 | Bon | Bleu |
| 2 | Moyen | Vert |
| 3 | Dégradé | Jaune |
| 4 | Mauvais | Orange |
| 5 | Très mauvais | Rouge |
| 6 | Extrêmement mauvais | Magenta |
Au-delà de l'indice, les AASQA produisent et diffusent un ensemble de données complémentaires : observations de stations, émissions de polluants, territoires exposés aux dépassements, cartes de concentrations et alertes aux épisodes de pollution. Ces jeux de données sont publiés en open data, dans des formats interopérables et documentés, afin de faciliter leur réutilisation par les collectivités et les acteurs territoriaux.
Cadre juridique et réglementaire d'ATMO
La surveillance de la qualité de l'air en France repose sur un cadre juridique structuré à plusieurs échelles. La loi LAURE (Loi sur l'Air et l'Utilisation Rationnelle de l'Énergie) du 30 décembre 1996 constitue le fondement de ce dispositif reconnaissant à chacun le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé. Ce texte, intégré au Code de l'Environnement, impose une surveillance continue sur l'ensemble du territoire national et une information transparente du public.
Le ministère chargé de l'environnement, via la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), coordonne la politique nationale de surveillance et s'appuie sur le LCSQA (Laboratoire Central de Surveillance de la Qualité de l'Air) pour l'expertise scientifique et technique. Au niveau européen, la directive 2008/50/CE fixe des valeurs limites et des seuils d'alerte pour les principaux polluants atmosphériques, transposée en droit français par le décret du 21 octobre 2010.
Pour les collectivités, ce cadre se traduit par des obligations opérationnelles. Les EPCI de plus de 20 000 habitants doivent élaborer un PCAET intégrant un volet qualité de l'air, avec des objectifs de réduction des émissions de polluants. Les agglomérations de plus de 150 000 habitants sont tenues de mettre en place des ZFE (Zones à Faibles Émissions) depuis fin 2024, selon la loi Climat et Résilience de 2021, dispositif qui s'appuie directement sur les données ATMO pour évaluer l'exposition et piloter les restrictions de circulation.
Cas d'usage d'ATMO pour les collectivités
Suivi de l'exposition et pilotage territorial
Les données ATMO France permettent aux collectivités de suivre l'exposition de la population à la pollution atmosphérique et d'identifier les sources locales de dégradation : trafic routier, chauffage résidentiel, activité industrielle ou conditions météorologiques défavorables. Ces informations constituent un socle d'indicateurs directement mobilisable dans un PCAET, puisqu'un plan climat-air-énergie territorial vise notamment à améliorer la qualité de l'air, réduire les émissions et structurer des actions à l'échelle locale.
Les données ATMO alimentent également des applications citoyennes, des cartographies interactives, des tableaux de bord territoriaux et des systèmes de pilotage urbain. Ces outils offrent aux habitants une information accessible en temps réel et aux décideurs une vision consolidée pour orienter leurs politiques de mobilité, d'urbanisme et de santé environnementale.
Retours d'expérience : Antony, Tarbes et Rouen
La Ville d'Antony (92) a déployé depuis 2020 seize capteurs permanents mesurant en temps réel le dioxyde d'azote et les particules fines. Les données sont accessibles via l'application mobile Caeli, utilisée par plus de 750 habitants. L'objectif : mesurer, suivre l'évolution des polluants et sensibiliser la population pour faire évoluer les comportements. À Tarbes Lourdes Pyrénées (65), un service local informe gratuitement citoyens et touristes sur les concentrations de pollens dans l'air, illustrant une logique similaire : mesurer localement, diffuser en temps réel et appuyer une politique de santé environnementale. Atmo Normandie, dans le cadre du programme Rouen Mobilités Intelligentes, a déployé une trentaine de microcapteurs sur le territoire métropolitain pour cartographier les polluants et appuyer les décisions en matière de mobilité et de ZFE. La Métropole Rouen Normandie a également intégré la surveillance de la qualité de l'air dans les écoles parmi les actions de son PCAET.