Protéger les habitants allergiques aux pollens grâce à l’IoT et aux données locales
Description de la proposition
Description de la proposition
En quoi consiste l'utilisation de l'IoT et des données locales pour protéger les habitants allergiques ?
Pour les personnes allergiques, connaître le niveau de pollen présent dans l’atmosphère, identifier les lieux où il est le plus élevé, et savoir comment ce niveau risque d’évoluer dans le temps, sont des informations précieuses pour adapter leurs déplacements et leurs activités au cours de la journée. Cela leur permet également de gérer l’approvisionnement de médicaments avant les périodes de pollinisation.
En installant quelques capteurs intelligents qui vont analyser en temps réel le flux de pollens de la collectivité apporte aux concitoyens concernés une information fiable car s’appuyant sur des données locales. Les capteurs collectent en temps réel des données sur les différentes variétés de pollens détectées, sur leurs quantités respectives et sur leur localisation.
Des étapes préalables sont nécessaires pour une mise en place optimale des capteurs, mais aussi pour la diffusion des données environnementales collectées. Il faut en effet s’assurer que les informations parviennent bien aux personnes concernées et au bon moment.
Dans quel cadre et pour répondre à quels besoins envisager l'utilisation de capteurs intelligents ?
En France, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), près d’un adulte sur trois est allergique aux pollens. Cette tendance est en forte croissance, avec un triplement de ce pourcentage en l’espace de 25 ans, selon le Commissariat général au développement durable.
Le changement climatique influe sur la pollinisation des territoires, y compris urbains, en étirant les périodes de floraison, en augmentant la quantité de pollens produits. La mise à disposition d’informations polliniques auprès de citoyens peut servir de point d’entrée vers une prise de conscience collective des effets du changement climatique.
Deux possibilités s’offrent à la collectivité pour obtenir ces données polliniques. Elle peut se tourner vers des solutions de cartographie déjà déployées à l’échelle nationale. C’est le type de solution que propose ATMO France, avec les données issues de centaines de capteurs déployés sur le territoire français par les Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l'Air (AASQA), regroupées au sein de la Fédération Atmo France.
Parmi les multiples données Open Source sur la qualité de l’air mises à disposition par l’ATMO, figure un indice pollen, lui aussi accessible sur le service numérique d'Atmo France : Atmo Data (lien externe, nouvelle fenêtre). Ces données sont issues de capteurs déjà installés dans votre région ou département par une AASQA, souvent à plusieurs kilomètres de votre collectivité.
Il faut noter qu’Atmo Data s’adresse à un public expert, composé de développeurs qui vont savoir comment traiter ces données pour en extraire des informations compréhensibles par des citoyens non spécialistes.
Une autre possibilité consiste à équiper la collectivité de capteurs, de les installer dans les lieux les plus pertinents du territoire (jardins publics, écoles, zones boisées…) et de donner aux citoyens une information réellement basée sur des données locales.
Une startup française a conçu avec le CNRS un capteur de pollens qui identifie et mesure plus d’une vingtaine de pollens présents dans l’air ambiant. Une application disponible sur smartphone diffuse en temps réel l’information collectée par les capteurs installés sur le territoire. Les citoyens visualisent ainsi la présence de pollens dans la ville, identifient les lieux sur lesquels notamment les niveaux de pollens de bouleau, de graminées ou d’ambroisie sont les plus élevés.
La collectivité peut également accéder à ces données, de façon à les diffuser par exemple sur des panneaux d’affichage électronique, pour apporter aux citoyens cette information précieuse pour leur santé.
Quels sont les avantages et bénéfices attendus du partage de données locales sur la pollinisation ?
Avantages pour la collectivité
Ne plus dépendre de services externes qui livrent des données ne correspondant pas toujours à la réalité du territoire
Contribuer aux enjeux d’amélioration de la qualité de l’air au sein du PCAET (plan climat-air-énergie territorial)
Renforcer son attractivité et son image de marque auprès d’une proportion importante de la population
Avantages pour les usagers
Amélioration de la qualité de l’information disponible sur la nature et la concentration des pollens, ce qui améliore la qualité de vie des habitants concernés
Possibilité d’anticiper l’approvisionnement d’antihistaminiques à l’approche et pendant les périodes de pollinisation
Optimiser ses déplacements dans la journée en fonction des pics de pollens et de leurs lieux de dispersion, éviter le séchage du linge à l’air libre durant les périodes de pollen
Ajuster le traitement médicamenteux en fonction de l’environnement pollinique réel au sein du territoire
Quelles sont les étapes de mise en oeuvre de l'IoT et des données locales pour informer sur la pollinisation ?
Etape 1 : Valider l’intérêt de la population pour la mise en place de ce service, via la consultation d’associations, ou d’enquêtes menées auprès d’administrés
Etape 2 : Identifier les lieux générant le plus de pollens au sein du territoire et de son environnement proche, de façon à évaluer le nombre et l’emplacement potentiel des capteurs nécessaires pour cartographier efficacement les flux d’allergènes (dans une fourchette de 5 à 30 capteurs à déployer en fonction de la taille, de la physionomie et de la densité de population)
Etape 3 : Lancer une consultation auprès des offreurs de service, sélectionner le fournisseur, et planifier l’installation des capteurs
Etape 4 : Préparer une vaste campagne de communication pour informer la population de la mise en place d’un service qui va leur apporter des informations utiles pour leur santé
Les conseils des élus qui sont déjà passés à l’action :
Jean-Claude Piron, Vice-Président en charge de l’Environnement à la Communauté d’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées : « Jusqu’en 2023, le réseau de capteurs de pollen le plus proche était à 150 kilomètres, ce qui créait un décalage d’une semaine dans la collecte des données. Nous avons donc choisi de fournir des données hyper locales, instantanées et gratuites ». Source : Banque des Territoires – article Numérique360 « Surveillance des pollens dans l’atmosphère et information des citoyens en temps réel à Tarbes Lourdes Pyrénées (65)
Ioannis Vouldoukis, Conseiller Municipal délégué à la santé et aux sciences à Antony (92) : « Cette technologie est capable d'émettre un diagnostic précoce lors des périodes à risque. Nous pourrions alerter la population trois ou quatre jours avant les symptômes, ce qui leur permettrait de s'y préparer, en adaptant leur prise de traitement antihistaminique par exemple ». Source : article Les Echos
Quelques données clés sur l'utilisation de capteurs de pollens
Proposition applicable pour les collectivités suivantes
- Urbain
- Péri-Urbain
- Rural
- Montagne
- Littoral