CITOYENS ET SOLIDARITÉ

Faire du numérique un levier de sciences participatives pour sauvegarder la biodiversité

Description de la proposition

<p>Par l’intermédiaire d’applications et de plateformes numériques, les citoyens peuvent participer délibérément à la collecte de données sur la biodiversité locale. Cette démarche de sciences participatives permet de constituer une base de données publique partagée, qui sert d’outil d’aide à la décision pour orienter les politiques environnementales locales.</p>

Description de la proposition

En quoi consiste une démarche de sciences participatives ?

Dans le cadre d’une démarche de sciences participatives, aussi appelée « sciences citoyennes », la collectivité propose aux habitants de s’impliquer directement dans la collecte de données sur la biodiversité locale : observation des espèces (faune, flore, habitats naturels), signalement de pollutions visibles ou suivi de phénomènes environnementaux comme l’évolution du trait de côte.

Ces données constituent un socle partagé qui alimente la réflexion publique. Elles peuvent s’intégrer à des démarches nationales telles que les Atlas de la biodiversité communale (ABC) ou être mobilisées pour élaborer une stratégie territoriale adaptée.

Le numérique joue un rôle décisif dans cette dynamique. Applications mobiles d’identification (Pl@ntNet, iNaturalist…), intelligence artificielle pour le traitement de données massives, cartographies interactives et plateformes collaboratives facilitent l’accès et la participation du plus grand nombre. L’action ne nécessite ni expertise scientifique préalable, ni matériel particulier : un smartphone ou un ordinateur suffisent.

En démocratisant l’accès à la collecte et à l’analyse des données, la collectivité stimule l’intérêt des habitants pour leur environnement, en particulier des jeunes générations, et instaure un lien direct entre implication citoyenne, recherche scientifique et action publique.

Quelles sont les collectivités qui peuvent implémenter une démarche de sciences participatives via le numérique ?

La proposition est adaptable à toutes les échelles de collectivité :

  • Petites communes rurales : mise en place d’un Atlas de la biodiversité communale ou de suivis ciblés (oiseaux, insectes pollinisateurs, flore locale).
  • Communes urbaines : observation des espèces présentes dans les espaces verts, jardins ou friches, suivi de la pollution lumineuse ou sonore.
  • Intercommunalités et métropoles : coordination d’initiatives plus larges (suivi de rivières, gestion des continuités écologiques, observation de l’évolution du littoral).

 

Plus le territoire est vaste, plus l’action nécessite une coordination partenariale forte, mais la logique reste la même : mobiliser les habitants pour renforcer la connaissance écologique locale et appuyer les politiques publiques.

Dans quel cadre envisager les sciences participatives, et pour répondre à quels besoins ?

Dans le contexte d’adaptation au changement climatique, la crise de la biodiversité constitue un enjeu majeur. La disparition d’espèces et la fragmentation des habitats sont désormais perceptibles au niveau local. Les collectivités, en première ligne, doivent agir rapidement mais manquent souvent de données précises et actualisées pour orienter leurs politiques.

Le recours aux sciences participatives, facilité par le numérique, répond à plusieurs besoins :

  • Collecte massive de données : grâce aux smartphones et applications, il devient possible de mobiliser des milliers d’habitants pour un suivi continu de la biodiversité, sans moyens lourds.
  • Appropriation citoyenne des enjeux écologiques : les habitants ne se contentent pas d’observer, ils contribuent activement, ce qui renforce leur compréhension et leur engagement.
  • Ancrage territorial : les habitants connaissent leur environnement immédiat et leurs observations complètent les suivis scientifiques officiels.
  • Lien science-société : les citoyens comprennent mieux comment les données alimentent les décisions locales (plans de gestion, documents d’urbanisme, stratégie climatique).

 

Cette approche permet également de renforcer la cohésion sociale : participation intergénérationnelle, implication des écoles, inclusion des publics éloignés de la science ou de la nature.

Quels sont les avantages et bénéfices des sciences participatives pour les collectivités ?

  • Acquisition de données locales fiables et scientifiquement utiles.
  • Possibilité d’intégrer ces données dans des dispositifs nationaux (ABC, Vigie-Nature).
  • Sensibilisation de larges publics aux enjeux écologiques, y compris jeunes générations et publics éloignés.
  • Valorisation du territoire auprès des chercheurs, institutions et partenaires associatifs.
  • Animation locale : organisation d’événements, expositions ou restitutions publiques autour des résultats.
  • Élaboration d’une politique de biodiversité co-construite et adaptée au contexte local.

Quels sont les avantages et bénéfices des sciences participatives pour les citoyens ?

  • Participation directe à des projets scientifiques ou d’intérêt général.
  • Redécouverte de leur environnement proche, souvent méconnu.
  • Acquisition de compétences nouvelles, comme la culture scientifique et environnementale, ou encore la « data literacy » – c’est-à-dire la capacité à collecter et à comprendre des données.
  • Rôle dans la production de connaissances, démontrant que chacun – jeunes, amateurs, curieux ou passionnés – peut contribuer de manière significative à la sauvegarde de la biodiversité aux côtés des chercheurs et des institutions.

Quelles sont les étapes de mise en œuvre d'une démarche de sciences participatives ?

Étape 1 : Mise à l’agenda de la collectivité
La démarche doit s’inscrire dans les priorités locales de préservation de la biodiversité. Elle peut s’intégrer dans des cadres existants comme la Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations (GEMAPI), le Schéma régional de cohérence écologique (SRCE), les Atlas de la biodiversité communale (ABC) ou encore les Plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET), SCOT les Schémas de cohérence territoriale (SCOT) et Plans locaux d’urbanisme (PLU).

Étape 2 : Inspiration des expériences de collectivités comparables
La collectivité peut s’appuyer sur des programmes tels que Vigie-Nature, Sauvages de ma rue ou CoastSnap pour identifier de bonnes pratiques et adapter la démarche aux enjeux locaux, à la taille du territoire et aux partenaires disponibles.

Étape 3 : Pilotage et montée en compétences des acteurs impliqués
Un pilotage transversal associant services biodiversité, numérique, éducation et communication est nécessaire. Des formations aux outils et protocoles garantissent la qualité scientifique des données et favorisent l’appropriation du projet par les participants.

Étape 4 : Déploiement des outils et technologies
La mise en œuvre s’appuie sur des outils numériques simples et accessibles : applications d’identification de la faune et de la flore, plateformes collaboratives de saisie et de visualisation des données, ou encore dispositifs participatifs installés dans l’espace public pour suivre l’évolution de sites sensibles (cours d’eau, littoraux, zones humides). Quelques exemples concrets : iNaturalist, Pl@ntNet, SPIPOLL, CoastSnap.

Étape 5 : Lien avec la recherche et les universités
Le partenariat avec le monde académique est une condition clé de succès. Les laboratoires, universités et instituts de recherche – tels que le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), l’Office français de la biodiversité (OFB) ou encore les universités régionales – garantissent la rigueur scientifique des protocoles, accompagnent l’analyse et la valorisation des données et assurent la reconnaissance académique des résultats. Ces partenariats favorisent également l’intégration du projet dans des réseaux nationaux et internationaux de sciences participatives.

Étape 6 : Identification et mobilisation des financements
Les financements peuvent être recherchés auprès de programmes européens (LIFE, FEDER), nationaux (ADEME, ANCT, OFB) et régionaux, ainsi que via des dispositifs éducatifs comme les Aires éducatives.

Étape 7 : Mise en œuvre et valorisation
Le lancement passe par une campagne de mobilisation, la collecte et la validation des données. La restitution publique – cartes interactives, expositions, ateliers ou présentations en conseil municipal – valorise les contributions citoyennes et renforce l’ancrage local de la démarche.

Quels sont les moyens à mettre en place pour déployer la proposition ?

Ressources humaines : Un référent biodiversité (ou développement durable) pilote la démarche, en lien avec un chef de projet numérique ou chargé de participation citoyenne. L’appui d’un médiateur environnemental est essentiel pour sensibiliser et mobiliser les habitants, notamment les jeunes et les publics éloignés. Des partenariats avec des associations naturalistes, établissements scolaires et maisons de la nature garantissent l’ancrage local.

Outils et technologies : L’action s’appuie sur des solutions numériques adaptées : applications d’identification de la faune et de la flore pour saisir les observations, plateformes collaboratives permettant de centraliser et visualiser les données, dispositifs installés dans l’espace public pour associer les citoyens au suivi de sites sensibles. Ces outils doivent être accessibles et accompagnés d’un protocole clair afin de garantir la qualité des données collectées.

Dialogue et accompagnement : La réussite de la démarche repose sur des partenariats scientifiques solides avec des organismes comme le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), l’Office français de la biodiversité (OFB) ou l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE). Les résultats doivent être partagés et valorisés auprès du grand public et des élus, par exemple à travers des cartes interactives, des expositions ou des restitutions publiques. La transparence et la reconnaissance des contributions citoyennes sont essentielles pour maintenir la confiance et assurer la pérennité du projet.

Quelles données prendre en compte pour mesurer la réussite d'une démarche de sciences participatives ?

  • Nombre et diversité des participants engagés : Mesure le niveau d’adhésion citoyenne (habitants, scolaires, associations…), en intégrant une attention particulière à la parité, à l'âge et à l’inclusion des publics éloignés.
    Exemple : nombre de contributeurs actifs, nombre de classes ou d’établissements impliqués, taux de participation sur un temps donné.
  • Quantité et qualité des données collectées : Indicateur scientifique de la contribution effective au suivi de la biodiversité. Il peut inclure le nombre d’observations validées, la couverture géographique ou le nombre d’espèces recensées.
    Exemple : X observations saisies dans la plateforme, Y espèces identifiées, Z données intégrées à un programme national ou à un rapport communal.
  • Réutilisation des données dans les politiques publiques locales : Mesure l’impact de la démarche sur les décisions territoriales et la sensibilisation des élus.
    Exemple : intégration des résultats dans un plan de gestion, un document d’urbanisme ou un atlas de la biodiversité communale ; évolution d’une pratique (ex : entretien différencié, plantation d’espèces locales, arrêt des pesticides…).

Quelques données clés d'impact des sciences participatives

(Source : Labo Société Numérique – ANCT, 2022)
Entre 2011 et 2019, la participation à ces programmes a été multipliée par cinq, notamment grâce aux applications mobiles et aux plateformes web.
(Source : Muséum national d’Histoire naturelle – Vigie-Nature, 2020)
En 2020, lors du confinement, l’Observatoire Oiseaux des jardins a connu une augmentation par six du nombre d’observateurs par rapport à 2019, avec 15 000 nouveaux participants et près de 5 000 observateurs actifs via l’application INPN.
(Source : Labo Société Numérique – ANCT, 2022)
121 471 citoyens actifs en 2021 ont contribué à au moins un programme de sciences participatives sur la biodiversité en France, facilité par les outils numériques

Proposition applicable pour les collectivités suivantes

  • Urbain
  • Péri-Urbain
  • Rural
  • Montagne
  • Littoral

Je m'inspire avec les retours d'expériences d'autres collectivités sur cette proposition

  • Amélie SAUSSEREAU, Nantes Métropole

    A Nantes (44), agir pour la santé des citoyens en partageant l’accès à des données santé-environnement locales et fiables

    CITOYENS ET SOLIDARITÉ

    Je découvre
  • Olivier Chateau, Ville de Nantes

    A Nantes (44), Nantes Patrimonia : une plateforme collaborative pour valoriser le patrimoine local

    CITOYENS ET SOLIDARITÉ

    Je découvre
  • Jérôme Guiho, Angers Loire Métropole

    Angers Loire Métropole (49) expérimente la signalétique DTPR pour expliquer les usages de données aux habitants

    CITOYENS ET SOLIDARITÉ

    Je découvre

Voir tous les retours d'expérience