TRANSITION éCOLOGIQUE ET éNERGéTIQUE

Réduire la consommation énergétique des bâtiments et accélérer la transition écologique : la promesse de la GTB et de ses capteurs

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Depuis 2021, le décret BACS (building automation and control system) instauré par l’Union européenne oblige les bâtiments tertiaires neufs et récents à installer une GTB (gestion technique du bâtiment). Un système essentiel pour les collectivités, car il permet de faire des économies d’énergie et de coût. Entretien avec Blaise Sola, directeur des méthodes et de […]

Depuis 2021, le décret BACS (building automation and control system) instauré par l’Union européenne oblige les bâtiments tertiaires neufs et récents à installer une GTB (gestion technique du bâtiment). Un système essentiel pour les collectivités, car il permet de faire des économies d’énergie et de coût.

Entretien avec Blaise Sola, directeur des méthodes et de l'innovation chez Artelia

Blaise Sola est directeur des méthodes et de l'innovation chez Artelia, une société d’ingénierie spécialisée dans le bâtiment. Fort d'une expérience de plus de sept ans dans le domaine du smart building, il est également vice-président de la Smart Building Alliance (SBA).

Qu’est-ce que la GTB ?

La gestion technique du bâtiment (GTB) est un système informatique permettant de superviser et de contrôler les équipements techniques d'un bâtiment : chauffage, ventilation, éclairage, consommation d'eau, etc. Elle repose sur des capteurs qui collectent les données qui sont ensuite transférées en temps réel. La GTB permet ainsi de prévenir automatiquement les problèmes survenant sur les équipements.

Un mainteneur, personne qui supervise le système, s’assure que tout fonctionne bien et réagit en cas d’alerte ou d’anomalie, comme par exemple,  la présence d’une fuite dans l’immeuble.

Le système permet également de réaliser des économies d’énergie et de coûts. En constatant, par exemple, que la température du chauffage est à 21 degrés, alors qu’il fait 22 degrés à l’extérieur, le mainteneur va baisser ou couper le chauffage.

Selon Blaise Sola, « Pour un bâtiment, si on veut qu'il soit économe en énergie, il faut avoir la capacité de mesurer ce qu'il consomme à l'instant T et à un moment donné, adapter la consommation de l'énergie en fonction du besoin réel ».

Contrairement à une gestion technique centralisée (GTC), qui se concentre sur un seul équipement, la GTB permet de gérer, via un seul système, l'ensemble des équipements.

Comment fonctionne une GTB ?

La GTB repose sur un réseau de capteurs qui mesurent des paramètres comme la température, la consommation d’eau ou d’électricité. Ces données sont envoyées à un serveur central, chargé de contrôler les équipements et de définir des scénarios de pilotage et de régulation. Les capteurs sont essentiels : sans eux, il est impossible de collecter les données nécessaires pour une régulation efficace. « Par exemple, je veux chauffer mon bâtiment à 20 °C. Si la température est supérieure à 20 °C, je recevrai une alerte. En revanche, sans capteurs, je ne recevrai jamais d’alerte. », explique Blaise Sola.

Actuellement, les systèmes de GTB sont principalement utilisés pour observer les données et nécessitent encore des interventions humaines pour corriger certaines anomalies.

La GTB s’adapte à tous types de bâtiments (tertiaires, industriels, résidentiels, etc.). Cela représente un atout majeur pour les collectivités, souvent propriétaires de plusieurs bâtiments publics. La gestion de ces infrastructures peut être coûteuse et complexe, mais grâce à la GTB, le contrôle devient plus simple.

Par exemple, dans un hôpital, il y a beaucoup de contraintes au niveau des fluides (températures variées des salles, approvisionnement en eau, etc.). La GTB simplifie la gestion des fluides médicaux, et garantit la sécurité sanitaire. « Les fluides et toutes ces informations doivent être communiqués. La GTB facilite la régulation et la gestion de tous ces fluides. C'est un point d'entrée extrêmement intéressant. », indique Blaise Sola.

Par ailleurs, la GTB ne se limite pas à un seul bâtiment. Une collectivité peut très bien installer une GTB pour un ensemble de bâtiment. Grâce à l’installation d’un superviseur, un seul mainteneur suffit pour contrôler les équipements de plusieurs sites.

Quels sont les avantages pour les collectivités ?

  • Des économies d’énergie significatives : en adaptant la consommation d’énergie aux besoins réels, la GTB permet de réduire les factures.
  • Un pilotage centralisé pour un patrimoine dispersé : pour une collectivité gérant plusieurs bâtiments (écoles, bibliothèques, piscines), la GTB offre une interface unique permettant de superviser à distance plusieurs sites simultanément.
  • Une transition écologique facilitée : la GTB réduit considérablement les émissions de CO2 des bâtiments. Par ailleurs, les systèmes évoluent constamment : la solution Flex Ready, développée par Think Smartgrids, communique directement avec le réseau électrique RTE pour ajuster la consommation aux pics de demande.
  • Maintenance prédictive : en anticipant les pannes grâce à l’analyse des données, la GTB évite les interruptions de service et réduit les coûts de réparation.

Comment mettre en place une GTB ?

  1. Définir les besoins : il est crucial de réfléchir aux objectifs de la collectivité et de déterminer les données essentielles à collecter et les équipements à superviser.
  2. Faire appel à des experts : un assistant à maîtrise d’ouvrage (AMO) accompagne les élus dans la conception du projet et le choix des solutions techniques.
  3. Installer les équipements : les capteurs, automates et serveurs doivent être installés par des spécialistes (plombiers, électriciens, intégrateurs) sous la supervision d’une maîtrise d’œuvre.
  4. Centraliser les données : un superviseur peut être installé pour superviser plusieurs bâtiments à partir d’un seul système.
  5. Assurer la maintenance du système et des équipements, notamment en faisant appel à des sociétés de maintenance .

Quels sont les défis à relever ?

Interopérabilité des systèmes : de nombreux équipements existants ne communiquent pas entre eux. Opter pour des solutions standardisées est essentiel pour garantir une cohésion à long terme.

Coûts d’installation et de gestion : bien que rentables à moyen terme, les GTB requièrent un investissement initial important.

Manque de compétences locales : pour pallier ce déficit, les collectivités peuvent recourir à des entreprises de maintenance spécialisées ou former leur personnel.