GOUVERNANCE ET SOCLES TECHNOLOGIQUES

Publier ses données en open-data (plateforme, licence, fonctionnalités)

Description de la proposition

<p>En publiant leurs données publiques en open data, les collectivités renforcent la transparence, facilitent la participation citoyenne et stimulent l’économie locale. Une démarche accessible à toutes, du petit village à la grande métropole, pour un territoire plus ouvert et collaboratif.</p>

Description de la proposition

En quoi consiste la publication de ses données en open-data ?

Plus de transparence pour les citoyens, plus d’efficacité pour les services, plus d’inventivité pour le territoire : et si les données de la collectivité devenaient un bien commun ? Publier ses données en open data, c’est tout simplement ouvrir les portes de la connaissance territoriale.

Derrière chaque tableau Excel sommeille une mine d’informations sur la mobilité, les équipements publics, l’énergie ou la biodiversité… En les partageant sur une plateforme ouverte – locale, régionale ou nationale comme data.gouv.fr (lien externe, nouvelle fenêtre) – la collectivité permet à toutes et tous d’y accéder, de les comprendre et de les réutiliser.

Concrètement, il s’agit de publier ses jeux de données sous une licence ouverte, comme la Licence Ouverte Etalab 2.0, qui autorise leur libre réutilisation, à condition de mentionner la source. Cette étape est clé : elle garantit à la fois la sécurité juridique de la collectivité et la liberté d’usage pour les citoyens, entreprises ou chercheurs.

C’est une démarche au service de l’action, qui crée les conditions d’un territoire plus innovant et plus collaboratif. Par exemple, une start-up pourra développer une application sur les pistes cyclables, une association pourra cartographier les zones ombragées pour les personnes âgées, ou une université pourra analyser les flux de déplacements.

À quel type de collectivité s’adresse la publication des données en open-data ?

En pratique, toute collectivité de plus de 3 500 habitants et 50 agents est légalement tenue de publier ses données publiques. Mais chacune peut avancer à son rythme — du simple partage de quelques jeux de données à la mise en place d’une véritable stratégie de transparence et d’innovation territoriale.

L’ouverture des données concerne ainsi une large palette de collectivités, à des degrés différents selon leurs moyens, leurs compétences et leurs ambitions :

  • Les grandes villes, intercommunalités et métropoles, déjà dotées de services numériques structurés. Elles peuvent aller jusqu’à développer leur propre portail open data et animer une communauté de réutilisateurs.
    Exemple : la Métropole de Lyon et la Ville de Paris publient des milliers de jeux de données (mobilité, qualité de l’air, éclairage public…) et encouragent les startups à créer des services citoyens à partir de ces données.
  • Les départements et régions, détenteurs d’un important volume de données stratégiques sur l’éducation, les routes, le tourisme, ou encore l’environnement. Ils jouent souvent un rôle d’appui pour les échelons inférieurs.
    Exemple : le Département des Côtes-d’Armor propose Datarmor, une plateforme partagée où les communes peuvent publier leurs données en toute autonomie ; le Conseil départemental de l’Hérault, avec sa plateforme Hérault Data, accompagne plus de 340 communes dans la publication et la valorisation de leurs données ; la Région Grand Est mutualise l’ouverture via Data Grand Est, portail commun à l’échelle régionale.
  • Les petites et moyennes communes, qui ne disposent pas toujours des ressources internes pour développer un portail. Elles peuvent s’appuyer sur des solutions mutualisées — départementales, régionales ou nationales.
    Exemple : la Ville d’Antibes, via data.gouv.fr, valorise ses 150 jeux de données sans infrastructure propre.

Dans quel cadre et pour répondre à quels besoins envisager la publication de ses données en open-data ?

La loi pour une République numérique (2016) a posé un principe simple : les données publiques doivent être ouvertes et accessibles à tous. Depuis 2018, les collectivités de plus de 3 500 habitants et 50 agents sont donc tenues de publier leurs données produites dans le cadre de leurs missions de service public.

Mais au-delà de cette obligation légale, l’open data répond à des besoins très concrets :

  • Renforcer la transparence démocratique, en permettant aux citoyens de mieux comprendre l’action publique et de suivre les décisions locales.
  • Améliorer la gestion interne : en partageant les données entre services, les collectivités évitent les doublons, fiabilisent leurs informations et gagnent en efficacité.
  • Favoriser l’innovation territoriale, en donnant aux acteurs locaux (entreprises, associations, chercheurs…) la possibilité de créer de nouveaux services à partir des données existantes.

C’est aussi une démarche de coopération et de confiance, qui transforme la donnée — longtemps perçue comme un outil administratif — en un véritable levier de développement local.

Quels sont les avantages et bénéfices attendus de la publication de ses données en open-data ?

Avantages pour la collectivité
Renforcer la transparence et la confiance en rendant l’action publique plus lisible.
Impliquer les habitants dans la vie locale et encourager leur participation.
Stimuler l’innovation et l’économie locale grâce à la réutilisation des données par les acteurs du territoire.
Améliorer la qualité des services publics en facilitant le partage et l’analyse des informations.

Avantages pour les usagers
Accéder facilement à l’information sur les services, équipements ou politiques locales.
Participer activement à la vie démocratique et aux projets du territoire.
Bénéficier de nouveaux services numériques (applications, cartes interactives, outils d’aide à la décision).

Quelles sont les étapes de mise en œuvre de la publication des données ?

Étape 1 : Faites le tri dans vos données.
Partez de l’existant ! Données de mobilité, d’énergie, d’urbanisme, budgets, équipements… Faites l’inventaire avec chaque service et repérez celles déjà sous format numérique.

Étape 2 : Vérifiez ce que vous pouvez publier.
Ecartez les données sensibles (sécurité, santé, données personnelles). Gardez celles qui peuvent être rendues publiques sans risque.

Étape 3 : Choisissez comment les partager.
Selon vos moyens, utilisez une plateforme mutualisée (région, département) ou créez un espace dédié sur le site de la collectivité. Vous pouvez commencer petit : un tableau sur les pistes cyclables, une carte des équipements publics…

Étape 4 : Soignez la présentation.
Les données ne parlent pas d’elles-mêmes ! Ajoutez une courte description, un titre clair et un format simple (CSV, carte, visuel interactif).

Étape 5 : Travaillez avec d’autres.
Associez les services, les universités, les associations, les start-up locales. La mutualisation allège la charge et favorise la réutilisation.

Étape 6 : Faites vivre vos données.
Mettez-les à jour régulièrement, communiquez sur les nouveaux jeux publiés et partagez les projets qu’ils inspirent (applis, observatoires, cartes…).

Quels sont les moyens à mettre en place pour déployer la proposition ?

Moyens humains
Désigner un·e référent·e open data chargé·e de coordonner la démarche.
Former les agents à la collecte, la mise à jour et la publication des données.

Moyens techniques
Utiliser une plateforme de publication existante (régionale, départementale ou nationale comme data.gouv.fr).
Prévoir un appui de la DSI pour l’hébergement, la sécurité et la compatibilité des formats de données.

Moyens partenariaux
Mutualiser les efforts avec d’autres collectivités, associations ou universités.
Encourager la réutilisation des données par les acteurs locaux (start-up, chercheurs, associations…).

Moyens de communication
Valoriser la démarche auprès des citoyens et des partenaires (site web, réseaux sociaux, ateliers, réunions publiques).

Comment mesurer la réussite de la publication de ses données en open-data ?

  • Nombre de jeux de données publiés et leur fréquence de mise à jour.
  • Taux de réutilisation : applications, sites, services ou études issus des données ouvertes.
  • Nombre de visiteurs uniques sur le portail et d’abonnés (newsletter ou flux RSS).

Les conseils des élus qui sont déjà passés à l’action :

À La Rochelle, la donnée s’est mise au service de la transition. Entre 2021 et 2023, la collectivité a testé Coach CO₂, une application Self-Data pour suivre les déplacements dans le cadre du programme Territoire Zéro Carbone.

« Il est essentiel de ne pas se lancer dans des projets purement technologiques, mais de partir de besoins réels qui bénéficient aux citoyens et aux acteurs territoriaux. […] Ces projets doivent être pilotés par des services métiers qui connaissent les enjeux spécifiques du domaine », souligne David Berthiaud, directeur du programme.

Quelques données clés sur la publication de ses données en open-data

138 jeux de données en moyenne publiés par portail open data territorial actif en France (Étude Data Publica & OpenDataSoft, 2024).
138
jeux de données locales déjà mis en ligne sur les plateformes publiques comme data.gouv.fr (Gouvernement français, 2025).
15 000
des collectivités tenues par la loi République numérique ont ouvert leurs données en 2023 (Observatoire de l’open data des territoires, 2023)
16%

Proposition applicable pour les collectivités suivantes

  • Urbain
  • Péri-Urbain
  • Rural
  • Montagne
  • Littoral

Je m'inspire avec les retours d'expériences d'autres collectivités sur cette proposition

  • Collectif, Département de l'Ain

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