Homologation de sécurité
L'homologation de sécurité est la décision signée par laquelle l'autorité d'une collectivité, après analyse des risques, accepte les risques résiduels d'un système d'information et autorise sa mise en service. Le RGS l'impose pour les téléservices.
Cette définition couvre également les termes :
- Référentiel général de sécurité (RGS)
- Homologation SSI
Définitions
Définition simple : qu'est-ce que l'homologation de sécurité ?
L'homologation de sécurité désigne la décision formelle par laquelle l'autorité d'une collectivité, en pratique son exécutif, accepte les risques résiduels d'un système d'information après leur analyse, afin d'autoriser sa mise en service ou son maintien en exploitation en connaissance de cause.
Elle ne certifie pas qu'un système est invulnérable. Elle atteste que les risques ont été identifiés, réduits ou acceptés par la personne qui en porte la responsabilité. L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) et la Direction interministérielle du numérique (DINUM) en fixent la doctrine dans un guide publié en avril 2025, qui proportionne la démarche à la criticité du système et à son exposition aux attaques : un site vitrine ne demande pas le même dossier qu'un logiciel d'état civil.
Les enjeux de l'homologation pour les collectivités
Pour une collectivité territoriale, l'homologation est d'abord une obligation. Le référentiel général de sécurité (RGS) l'impose aux autorités administratives pour leurs systèmes d'information, à commencer par les téléservices : inscriptions scolaires, demandes d'actes, portail famille, paiement en ligne.
La décision engage celui qui la signe : la fiche méthode de l'ANSSI destinée aux décideurs rappelle qu'elle « peut impliquer une responsabilité légale de la personne qui la prend ». Elle structure aussi le dialogue entre élus, direction générale et service informatique, sur un dossier court qui chiffre ce qui reste à faire et fixe une durée de validité de trois ans au plus.
Les petites communes disposent d'un outil gratuit, MonServiceSécurisé, qui produit le dossier de décision prêt à signer. La démarche prépare enfin les obligations de gestion des risques que la transposition de la directive NIS 2 fera peser sur une partie des collectivités.
Définition technique : démarche et dossier d'homologation
Le guide de l'ANSSI et de la DINUM (avril 2025) découpe l'homologation en quatre étapes : constituer le comité d'homologation, identifier le niveau de la démarche, évaluer le dossier et émettre un avis, puis réunir la commission où l'autorité décide.
Le niveau de la démarche croise quatre degrés de criticité (mineure, modérée, importante, maximale) et quatre degrés d'exposition (nulle, faible, importante, totale). Il vaut simplifié, intermédiaire ou renforcé et fixe la liste des livrables.
Le dossier d'homologation réunit la cartographie en trois vues (métier, applicative, infrastructure), l'analyse de risques, les plans de maintien en condition opérationnelle et de sécurité, le plan de résilience, les rapports d'audit, le plan d'action et les risques résiduels. La méthode EBIOS Risk Manager (expression des besoins et identification des objectifs de sécurité) est fortement recommandée ; pour un système de criticité mineure et d'exposition quasi nulle, une étude de conformité au guide d'hygiène informatique suffit. Les systèmes soumis au RGS (référentiel général de sécurité) exigent des audits organisationnels, de configuration et d'architecture, confiés à un prestataire d'audit de la sécurité des systèmes d'information (PASSI) qualifié.
La commission ne dépasse pas une heure. L'homologation vaut trois ans au plus, avec une revue annuelle et une nouvelle décision après tout changement notable ou incident. MonServiceSécurisé automatise ce parcours en trois étapes.
Définition juridique et réglementaire de l'homologation de sécurité
Le référentiel général de sécurité
L'article 9 de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives institue le référentiel général de sécurité (RGS). Le décret n° 2010-112 du 2 février 2010 en fixe les modalités, et l'arrêté du 13 juin 2014 approuve le référentiel en vigueur. Le RGS s'applique aux autorités administratives : administrations de l'État, collectivités territoriales, établissements publics administratifs et organismes chargés d'un service public administratif.
Les obligations du décret du 2 février 2010
L'article 3 du décret impose à l'autorité administrative d'identifier les risques qui pèsent sur son système, de fixer des objectifs de sécurité proportionnés, d'en déduire les fonctions de sécurité nécessaires, puis de réexaminer régulièrement la sécurité selon l'évolution des risques. L'article 5, modifié par le décret n° 2016-308 du 17 mars 2016, lui impose d'attester formellement auprès des utilisateurs que le système est protégé conformément à ces objectifs. Pour un téléservice, l'attestation est rendue accessible aux usagers selon les modalités prévues à l'article L. 112-10 du code des relations entre le public et l'administration pour la décision de création du téléservice. C'est cette attestation que le référentiel nomme homologation de sécurité.
Les suites à engager
La collectivité désigne son autorité d'homologation, homologue chaque téléservice avant sa mise en ligne et publie l'attestation. Le projet de loi de transposition de la directive (UE) 2022/2555, dite NIS 2, en discussion au Parlement au 30 septembre 2026, n'est pas encore applicable.
Cas d'usage de l'homologation de sécurité pour les collectivités
| Cas d'usage | Description & Retours d'expérience | Bénéfices pour le territoire |
|---|---|---|
| Homologuer le site internet et les téléservices de la commune | Une commune décrit son site et ses démarches en ligne dans MonServiceSécurisé, applique les mesures de sécurité proposées et fait signer la décision d'homologation par le maire avant publication de l'attestation. Retour d'expérience à venir sur ce cas d'usage. | Des démarches en ligne conformes au RGS, une responsabilité assumée par l'élu |
| Faire auditer son système d'information avant de décider | Une commune sollicite un audit de l'ANSSI pour évaluer ses serveurs et ses pratiques ; l'audit met au jour les fragilités (stockage local, accès multiples, absence de haute disponibilité) qui fondent la décision de migrer vers un environnement hébergé en France. Retour d'expérience : Ville-la-Grand (74) déploie un environnement numérique souverain pour moderniser le travail collectif | Des risques connus et hiérarchisés avant d'engager la dépense |
| Mutualiser l'homologation pour les communes d'un territoire | Un opérateur public de services numériques homologue les sites internet qu'il héberge pour ses collectivités adhérentes, sur une méthode et un dossier communs. Retour d'expérience à venir sur ce cas d'usage. | Une démarche accessible aux communes sans service informatique |
| Réhomologuer après un changement notable | Une collectivité qui change d'hébergeur ou ouvre un nouveau téléservice sur un système existant relance la démarche, comme le prévoit le guide de l'ANSSI après tout changement ayant un impact sur les risques. Retour d'expérience à venir sur ce cas d'usage. | Une sécurité qui suit l'évolution du système au lieu d'un dossier figé |