EPCI
Un EPCI (établissement public de coopération intercommunale) regroupe plusieurs communes qui lui transfèrent des compétences : communauté de communes, communauté d'agglomération, communauté urbaine ou métropole. Il porte souvent les projets numériques mutualisés.
Cette définition couvre également les termes :
- établissement public de coopération intercommunale
- intercommunalité
- communauté de communes
- communauté d'agglomération
- communauté urbaine
- métropole
Définitions
Définition simple : qu'est-ce qu'un EPCI ?
Un EPCI, établissement public de coopération intercommunale, désigne la structure publique qui regroupe plusieurs communes afin d'exercer en commun des compétences transférées, comme les déchets, les transports, l'aménagement ou le numérique, avec un conseil communautaire, un président et un budget propres.
La France compte quatre formes d'EPCI à fiscalité propre, selon la taille et le degré d'intégration : la communauté de communes, la communauté d'agglomération, la communauté urbaine et la métropole. S'y ajoutent les syndicats de communes et syndicats mixtes, sans fiscalité propre, spécialisés sur un service : énergie, eau, numérique. Les syndicats mixtes numériques ou opérateurs publics de services numériques sont des acteurs de premier plan des projets décrits sur Numérique360.
Les enjeux de l'EPCI pour le numérique des territoires
L'échelle intercommunale est celle où un projet numérique devient finançable et exploitable : un hyperviseur, un système d'information géographique, un réseau d'objets connectés ou une plateforme de données servent plusieurs communes pour un coût partagé. L'EPCI mutualise les compétences rares, du délégué à la protection des données au responsable de la sécurité des systèmes d'information, et structure la gouvernance avec ses communes membres, par un schéma de mutualisation et des conventions de services communs.
Le transfert de compétence reste une décision politique : chaque commune délibère, et le partage des rôles entre l'EPCI et ses membres se précise dans les statuts. Un projet numérique porté par l'intercommunalité garantit une continuité de service que l'alternance municipale d'une seule commune ne remet pas en cause, et il ouvre l'accès aux financements régionaux et européens, qui privilégient les projets à l'échelle du bassin de vie.
Définition technique : formes, seuils et compétences d'un EPCI
Les EPCI à fiscalité propre se distinguent par des seuils de population : la communauté de communes, sans seuil, regroupe le plus souvent moins de 50 000 habitants ; la communauté d'agglomération réunit au moins 50 000 habitants autour d'une ville-centre de 15 000 habitants ; la communauté urbaine dépasse 250 000 habitants ; la métropole en compte plus de 400 000 dans une aire urbaine de 650 000 habitants. Au 1er janvier 2024, la France comptait environ 1 250 EPCI à fiscalité propre.
Chaque forme exerce des compétences obligatoires fixées par le Code général des collectivités territoriales (développement économique, aménagement de l'espace, collecte et traitement des déchets, gestion des milieux aquatiques…), des compétences optionnelles et des compétences facultatives choisies par les communes. Le numérique entre par plusieurs portes : aménagement numérique du territoire (article L1425-1 du CGCT), système d'information géographique, mutualisation des services informatiques (schéma de mutualisation), plateformes de données.
Le budget de l'EPCI repose sur une fiscalité propre (fiscalité professionnelle unique ou additionnelle), des dotations de l'État et des attributions de compensation versées aux communes. Les services partagés font l'objet de conventions de mutualisation ou de services communs, avec une clé de répartition des coûts par commune, en euros par habitant ou par acte traité.
Définition juridique et réglementaire de l'EPCI
Le cadre du Code général des collectivités territoriales
Les EPCI sont régis par la cinquième partie du Code général des collectivités territoriales (CGCT), à partir de l'article L5210-1, qui pose le principe de la coopération intercommunale, et par les articles propres à chaque catégorie : L5214-1 pour la communauté de communes, L5216-1 pour la communauté d'agglomération, L5215-1 pour la communauté urbaine, L5217-1 pour la métropole.
Les lois structurantes
La loi du 12 juillet 1999 relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale (loi Chevènement) crée les communautés d'agglomération et généralise la fiscalité professionnelle unique. La loi du 16 décembre 2010 de réforme des collectivités territoriales impose la couverture intégrale du territoire par des EPCI à fiscalité propre. La loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République (loi NOTRe) relève le seuil minimal à 15 000 habitants et transfère de nouvelles compétences.
Les règles de fonctionnement
L'EPCI est soumis au principe de spécialité et au principe d'exclusivité : une compétence transférée ne peut plus être exercée par la commune. Les statuts, arrêtés par le préfet, fixent le siège, les compétences et la répartition des sièges. Les délibérations sont soumises au contrôle de légalité et les comptes à la juridiction financière.
Cas d'usage de l'EPCI pour les projets numériques
| Cas d’usage | Description | Bénéfices pour les collectivités |
|---|---|---|
| Objectiver le coût d'un service mutualisé | Une communauté d'agglomération croise les données financières, RH et d'activité de son service d'application du droit des sols afin d'établir une clé de répartition plus juste entre les communes membres. Retour d'expérience. |
Une facturation lisible et mieux acceptée par les communes membres. |
| Suivre le littoral à l'échelle intercommunale | Une intercommunalité regroupant 24 communes déploie un dispositif de photographie participative afin de documenter l'évolution du trait de côte et d'alimenter les politiques d'adaptation au changement climatique. Retour d'expérience. |
Une donnée homogène sur l'ensemble du littoral pour un coût partagé entre communes. |
| Déployer un outil départemental vers les EPCI | Un Département construit un jumeau numérique territorial dont le déploiement s'étend progressivement à ses 19 EPCI. Le premier cas d'usage concerne un cadastre solaire destiné à accélérer les projets de transition énergétique. Retour d'expérience. |
L'intercommunalité devient le relais naturel entre le Département et les communes. |