Désert médical
Un désert médical est un territoire où l'accès aux soins de premier recours est nettement inférieur à la moyenne nationale, faute de médecins en nombre suffisant ou à distance raisonnable. L'agence régionale de santé le délimite par un zonage officiel.
Cette définition couvre également les termes :
- zone sous-dense
- désertification médicale
Définitions
Définition simple : qu'est-ce qu'un désert médical ?
Un désert médical désigne un territoire où l'accès aux soins de premier recours est nettement inférieur à la moyenne nationale, parce que les médecins y sont trop peu nombreux, trop éloignés ou trop sollicités pour accueillir de nouveaux patients dans des délais raisonnables.
Aucun texte n'emploie l'expression : les pouvoirs publics parlent de zones sous-denses, délimitées par chaque agence régionale de santé. La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) mesure l'accès aux soins par l'indicateur d'accessibilité potentielle localisée (APL) : sous 2,5 consultations de médecine générale accessibles par habitant et par an, l'accès est jugé insuffisant. Son étude de 2017 situait 8 % de la population sous ce seuil. Les valeurs de 2024 montrent un léger recul de l'accessibilité aux médecins généralistes et des écarts marqués : les 10 % de la population les mieux dotés accèdent en moyenne à 4,3 fois plus de consultations que les 10 % les moins dotés.
Les enjeux des déserts médicaux pour les collectivités
La santé relève de l'État et de l'Assurance maladie, mais le départ d'un médecin non remplacé est souvent la première préoccupation exprimée aux maires ruraux. Les collectivités agissent sur ce qui détermine l'installation des praticiens : locaux adaptés à l'exercice collectif, logement, emploi du conjoint, qualité des services, accueil des internes.
Le numérique complète ces leviers sans les remplacer. La téléconsultation assistée dans une pharmacie ou une salle municipale, la téléexpertise entre médecin traitant et spécialiste, les outils de coordination entre professionnels réduisent les déplacements et les délais. Encore faut-il accompagner les patients âgés ou éloignés du numérique, premiers concernés. Le REX de la Meuse, attendu sur Numérique360, décrit un Département qui combine ces outils dans des tiers-lieux d'expérimentation.
Définition technique : mesurer un désert médical
L'accessibilité potentielle localisée (APL), calculée par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES) pour chaque commune, croise trois données : l'offre (le nombre de médecins généralistes et leur activité, en équivalents temps plein), la demande (la population, pondérée par l'âge, car les plus âgés consultent davantage) et la distance (les médecins accessibles en moins de 20 minutes de trajet, avec un poids décroissant). Le résultat s'exprime en consultations accessibles par habitant et par an ; le seuil d'alerte est fixé à 2,5.
L'étude de la DREES de 2017 ajoute deux critères : une pharmacie à moins de 10 minutes et un service d'urgence à moins de 30 minutes. Environ 300 000 personnes, soit 0,5 % de la population, cumulaient alors les trois difficultés.
Les autres indicateurs utiles à une collectivité sont l'âge des médecins en exercice (la part des plus de 60 ans annonce les départs), la part des habitants sans médecin traitant (en %), le délai d'obtention d'un rendez-vous (en jours) et le temps d'accès aux urgences (en minutes). Les agences régionales de santé publient leur zonage sous forme de cartes et de listes de communes.
Définition juridique et réglementaire du désert médical
Le zonage des agences régionales de santé
L'article L1434-4 du Code de la santé publique charge le directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) de déterminer par arrêté les zones caractérisées par une offre de soins insuffisante ou par des difficultés d'accès aux soins. Pour les médecins généralistes, ce zonage distingue les zones d'intervention prioritaire (ZIP) et les zones d'action complémentaire (ZAC), qui ouvrent droit à des aides différenciées de l'Assurance maladie et de l'État.
Les aides des collectivités
L'article L1511-8 du Code général des collectivités territoriales autorise les collectivités et leurs groupements à attribuer, dans ces zones, des aides à l'installation ou au maintien des professionnels de santé : frais d'investissement ou de fonctionnement, mise à disposition de locaux ou de logements, indemnités aux étudiants qui s'engagent à exercer sur le territoire. Ces aides font l'objet d'une convention avec le professionnel et s'ajoutent aux contrats incitatifs de l'Assurance maladie, sans pouvoir s'y substituer.
Les centres de santé et la télésanté
Les collectivités peuvent créer des centres de santé employant des médecins salariés (article L6323-1 du Code de la santé publique). La téléconsultation, encadrée par l'article L6316-1 du même code, peut être réalisée dans un lieu aménagé par une collectivité, selon les recommandations de la Haute Autorité de santé sur les conditions de lieu et d'environnement. À partir du 2 novembre 2026, la quatrième année de l'internat de médecine générale place des docteurs juniors en cabinet, en maison ou en centre de santé.
Cas d'usage contre les déserts médicaux pour les collectivités
| Cas d’usage | Description | Bénéfices pour les collectivités |
|---|---|---|
| Installer une salle de téléconsultation assistée | Une commune aménage en mairie, en pharmacie ou dans une maison France Services une salle équipée d'objets médicaux connectés permettant la prise de constantes à distance. Un infirmier ou un professionnel de santé assiste le patient durant la téléconsultation avec un médecin situé dans une autre commune.
Retour d'expérience à venir sur ce cas d'usage. |
Un premier accès au médecin sans déplacement long. |
| Créer un centre de santé avec des médecins salariés | Une intercommunalité recrute des médecins salariés et mutualise les fonctions administratives, le secrétariat médical, les logiciels métiers et les outils numériques de coordination entre professionnels de santé. Ce modèle vise à attirer des praticiens recherchant un cadre d'exercice collectif sans activité libérale.
Retour d'expérience à venir sur ce cas d'usage. |
Des médecins attirés par l'exercice collectif et salarié. |
| Expérimenter la santé numérique dans des tiers-lieux | Un Département labellise des tiers-lieux d'expérimentation dans le cadre de France 2030 afin d'y tester des solutions de santé numérique, comme la télésurveillance, les objets connectés ou l'accompagnement à distance des patients chroniques. Les habitants participent aux expérimentations au plus près de leur lieu de vie.
Retour d'expérience à venir sur ce cas d'usage. |
Des soins rapprochés des patients dans un territoire sous-doté. |