Télémédecine
La télémédecine est une pratique médicale à distance, par les technologies de l'information et de la communication : téléconsultation, téléexpertise, télésurveillance. Les collectivités l'hébergent et la financent contre les déserts médicaux, sans réaliser l'acte de soin.
Cette définition couvre également les termes :
- téléconsultation
- téléexpertise
Définitions
Définition simple : qu'est-ce que la télémédecine ?
La télémédecine désigne une forme de pratique médicale à distance qui utilise les technologies de l'information et de la communication pour mettre en relation un professionnel médical avec un patient ou avec d'autres professionnels de santé, afin de poser un diagnostic, suivre un malade, prescrire ou demander un avis spécialisé sans déplacement physique.
Le Code de la santé publique distingue cinq actes : téléconsultation, téléexpertise, télésurveillance médicale, téléassistance médicale et réponse médicale de la régulation des urgences. Elle se distingue du télésoin, pratiqué à distance par un pharmacien ou un auxiliaire médical ; les deux forment la télésanté.
La téléconsultation, l'acte le plus visible
La téléconsultation est une consultation en vidéotransmission entre un médecin et son patient, seul ou accompagné d'un professionnel de santé. Remboursée par l'Assurance maladie depuis le 15 septembre 2018, elle se pratique depuis le domicile ou depuis un lieu équipé : pharmacie, maison de santé, cabine ou borne dotée d'appareils de mesure connectés.
Les enjeux de la télémédecine pour les collectivités
Face aux déserts médicaux, des communes et des intercommunalités installent des cabines ou salles de téléconsultation en mairie, dans un espace France Services ou une maison de santé. Une collectivité n'est pas un acteur de soins : elle finance, héberge et accompagne, mais le choix du médecin, l'acte et le suivi relèvent des professionnels de santé.
La Haute Autorité de santé (HAS) et l'Ordre des médecins demandent que ces équipements s'implantent de préférence dans des lieux de soins et en lien avec les médecins du territoire. Sans ce lien, la cabine fragmente le suivi au lieu de réduire le renoncement aux soins. Bien intégrée au parcours, elle rapproche un avis médical des habitants éloignés d'un cabinet.
Définition technique : fonctionnement d'une téléconsultation et d'une cabine
Chaque acte de télémédecine exige l'authentification des professionnels, l'identification du patient et l'accès aux données de santé utiles (article R6316-3 du Code de la santé publique). Le compte rendu, les prescriptions, l'identité des intervenants, la date, l'heure et les incidents techniques sont inscrits dans le dossier du patient (article R6316-4).
La Haute Autorité de santé (HAS) distingue trois équipements par encombrement croissant : la console, la borne et la cabine, seule à isoler complètement le patient. Tous assurent la vidéotransmission et l'échange sécurisé de documents, et peuvent intégrer des dispositifs médicaux connectés : tensiomètre, oxymètre, otoscope, dermatoscope, stéthoscope. L'espace doit être isolé phoniquement et visuellement, ventilé, désinfecté entre deux patients, sous la surveillance d'une personne responsable présente pendant toute la plage d'ouverture.
Repères chiffrés : un médecin ne réalise pas plus de 20 % de son activité annuelle à distance (40 % pour un psychiatre) ; la téléconsultation est facturée 25 € ; le ministère de la Santé estimait le parc à environ 2 300 cabines en 2022. Les sociétés de téléconsultation qui salarient des médecins détiennent un agrément ministériel de deux ans, renouvelable pour trois ans, et un certificat de conformité de leur système d'information au référentiel d'interopérabilité, de sécurité et d'éthique.
Définition juridique et réglementaire de la télémédecine
Le cadre du Code de la santé publique
L'article L6316-1 du Code de la santé publique, créé par la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant réforme de l'hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (HPST), définit la télémédecine. Les articles R6316-1 à R6316-6, dans leur rédaction issue du décret n° 2021-707 du 3 juin 2021 relatif à la télésanté, listent les cinq actes et fixent les conditions de mise en œuvre. L'article L6316-2, issu de la loi n° 2019-774 du 24 juillet 2019, définit le télésoin.
Les règles en vigueur au 30 septembre 2026
Dans sa rédaction issue de l'article 49 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, en vigueur depuis le 27 juin 2026, l'article L6316-1 limite à trois jours un arrêt de travail prescrit en télémédecine, sauf prescription du médecin traitant ou de la sage-femme référente. Les sociétés de téléconsultation relèvent des articles L4081-1 à L4081-4 du même code et du décret n° 2024-164 du 29 février 2024.
Ce que peut faire une collectivité
L'article L1511-8 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) autorise communes et groupements à aider l'installation ou le maintien de professionnels de santé dans les zones sous-dotées arrêtées par l'agence régionale de santé (ARS) ; l'article R1511-44 cite la prise en charge de frais d'investissement ou de fonctionnement et la mise à disposition de locaux. Aucun texte n'impose d'autorisation pour installer une cabine : les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) ne sont pas opposables, et l'autorisation de l'ARS réclamée par l'Ordre des médecins reste une proposition.
Cas d'usage de la télémédecine pour les collectivités
| Cas d’usage | Description | Bénéfices pour les collectivités |
|---|---|---|
| Aménager une salle de téléconsultation en mairie ou en espace France Services | La commune aménage un local fermé, réservé au soin pendant l'acte, avec une zone d'attente et une personne responsable formée, en concertation avec les médecins du territoire, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) et l'agence régionale de santé (ARS). Retour d'expérience à venir sur ce cas d'usage. | Un avis médical accessible sans long trajet, dans un cadre conforme aux recommandations de la Haute Autorité de santé. |
| Équiper une maison ou un centre de santé en zone sous-dotée | L'intercommunalité prend en charge tout ou partie de l'investissement d'une structure de soins, cabine, chariot ou dispositifs connectés, au titre de l'article L1511-8 du Code général des collectivités territoriales, pour une téléconsultation assistée par un professionnel de santé. Retour d'expérience à venir sur ce cas d'usage. | Une téléconsultation intégrée au parcours de soins et adossée aux soignants du territoire. |
| Accompagner les habitants éloignés du numérique vers la téléconsultation | Conseillers numériques et agents d'accueil aident à créer un compte, à se connecter et à préparer la consultation ; l'accompagnement pendant l'acte reste soumis au consentement du patient. Retour d'expérience à venir sur ce cas d'usage. | Moins de renoncements aux soins liés à l'illectronisme. |