Assurance cyber
L'assurance cyber est un contrat qui finance les conséquences d'une cyberattaque subie par une collectivité : experts et gestion de crise, restauration des systèmes, frais supplémentaires, réclamations de tiers. L'indemnisation exige une plainte sous 72 heures.
Cette définition couvre également les termes :
- assurance cyber-risques
- assurance du risque cyber
Définitions
Définition simple : qu'est-ce que l'assurance cyber pour une collectivité ?
L'assurance cyber désigne un contrat d'assurance qui couvre les conséquences financières d'une cyberattaque ou d'un incident informatique subi par une collectivité territoriale, afin de financer la gestion de crise, la restauration des systèmes, les frais supplémentaires de fonctionnement et les réclamations de tiers.
Elle combine en général trois volets : les dommages propres de la collectivité (expertise, restauration des données, frais de crise), sa responsabilité civile envers les usagers ou partenaires dont les données ont été exposées, et une assistance d'urgence qui mobilise des experts dès la déclaration du sinistre. Selon l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), les contrats apportent une assistance juridique et une couverture financière du préjudice, matériel comme immatériel.
Les enjeux de l'assurance cyber pour les collectivités
Aucun texte n'oblige une collectivité à s'assurer contre le risque cyber. La décision relève d'une analyse de risques : coût probable d'une attaque, capacité à le financer sur fonds propres, niveau de sécurité déjà atteint. L'ANSSI range l'évaluation d'une assurance cyber parmi les mesures de réduction du risque, après les sauvegardes et le cloisonnement.
L'accès au marché reste difficile. Le rapport du Sénat de mars 2024 sur les problèmes assurantiels des collectivités décrit des consultations infructueuses et des hausses tarifaires, et cite une commune qui a renoncé à couvrir le risque cyber faute de marché suffisamment mûr. Les assureurs conditionnent aussi la souscription à un questionnaire sur les sauvegardes, l'authentification multifacteur et les mises à jour.
Depuis avril 2023, toute indemnisation d'une cyberattaque exige une plainte déposée sous 72 heures. Une collectivité assurée intègre donc ce délai à sa procédure de crise, au même titre que la notification à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).
Définition technique : garanties et paramètres d'un contrat d'assurance cyber
Un contrat d'assurance cyber se lit selon quatre éléments. Les garanties de dommages propres : investigation numérique, cellule de crise, restauration des systèmes et des données, frais supplémentaires, notification des personnes. Les garanties de responsabilité civile : indemnités et frais de défense face aux réclamations de tiers. L'assistance : experts mandatés par l'assureur dès la déclaration. Les exclusions : faits connus avant la souscription, déclarations inexactes, et selon les contrats certains actes de guerre ou défauts de sécurité non corrigés.
Chaque garantie porte des paramètres chiffrés : un plafond en euros par sinistre et par année d'assurance, des sous-limites, une franchise en euros ou en heures d'interruption avant la prise en charge des frais supplémentaires. La souscription passe par un questionnaire de sécurité : sauvegardes hors ligne testées, authentification multifacteur, EDR (détection et réponse sur les postes), délai de correction des vulnérabilités, sensibilisation des agents.
Le rapport de la direction générale du Trésor de 2022 évaluait le risque cyber à 3 % des primes d'assurance de dommages des professionnels, avec un taux de couverture de 84 % pour les grandes entreprises contre moins de 0,3 % pour les PME. L'étude LUCY 2026 de l'Association pour le management des risques et des assurances de l'entreprise (AMRAE) relève en 2025 une baisse de 32 % des taux de prime des grandes entreprises. Rien de comparable n'est publié pour les collectivités.
Définition juridique et réglementaire de l'assurance cyber
Une souscription facultative
Aucun texte n'impose à une collectivité territoriale de s'assurer contre le risque cyber. Le rapport d'information du Sénat n° 474 du 27 mars 2024 rappelle qu'il n'existe pas davantage d'obligation légale d'assurer les biens mobiliers et immobiliers des collectivités. La souscription relève d'un choix de gestion des risques propre à chaque collectivité.
La plainte sous 72 heures, condition de l'indemnisation
L'article 5 de la loi n° 2023-22 du 24 janvier 2023 d'orientation et de programmation du ministère de l'intérieur a créé l'article L12-10-1 du code des assurances. Le versement d'une indemnité au titre d'un contrat qui couvre les pertes et dommages causés par une atteinte à un système de traitement automatisé de données, au sens des articles 323-1 à 323-3-1 du code pénal, est subordonné à une plainte de la victime déposée au plus tard 72 heures après la connaissance de l'atteinte. Le texte s'applique aux personnes morales, collectivités comprises, depuis le 24 avril 2023.
Un marché public d'assurance
Le contrat d'assurance d'une collectivité est un marché public soumis au code de la commande publique. Le Sénat souligne que l'article R2124-3 de ce code autorise la procédure avec négociation lorsque le besoin ne peut être satisfait sans adapter des solutions disponibles, ou en raison de la complexité du marché, cas que la direction des affaires juridiques des ministères économiques juge applicables aux marchés d'assurance.
| Cas d’usage | Description | Bénéfices pour les collectivités |
|---|---|---|
| Passer un marché d'assurance cyber | Une collectivité fait appel à un assistant à maîtrise d'ouvrage pour définir ses besoins, recense les garanties cyber déjà présentes dans ses contrats et recourt à la procédure avec négociation, seule ou en groupement de commandes. Retour d'expérience à venir sur ce cas d'usage. | Un contrat ajusté au profil de risque, moins de consultations infructueuses. |
| Préparer le questionnaire de souscription | Avant de consulter les assureurs, une collectivité vérifie ses sauvegardes hors ligne, active l'authentification multifacteur et documente ses mesures de sécurité. Retour d'expérience à venir sur ce cas d'usage. | Un niveau de sécurité relevé et une déclaration exacte qui protège l'indemnisation. |
| Activer la garantie après une attaque | Une collectivité victime dépose plainte dans les 72 heures, déclare le sinistre et s'appuie sur les experts mandatés par l'assureur pour l'investigation et la restauration. Retour d'expérience à venir sur ce cas d'usage. | Une crise financée et accompagnée dès les premières heures. |