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Un calque de plantabilité pour aider Bordeaux Métropole (33) à planter 1 million d’arbres

Bordeaux Métropole, à l’image de Lyon, a développé un “calque de plantabilité” dans le cadre de son programme « Plantons 1 million d’arbres ». Une initiative visant à promouvoir la végétalisation urbaine tout en répondant aux défis climatiques et écologiques.

Entretien avec Gabriel Dos Santos et François Durquety

Parole de collectivité
Gabriel Dos Santos, responsable du Data service et François Durquety, responsable du programme Plantons 1 million d’arbres à Bordeaux Métropole
Attractivité et aménagement

Ce projet est présenté par :

  • Gabriel Dos Santos, responsable du Data service
  • François Durquety, responsable du programme Plantons 1 million d’arbres à Bordeaux Métropole
L’objectif est explicite : planter un million d’arbres à horizon 2030.
François Durquety

Parole de collectivité

Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets numériques, data et IA sur votre territoire, Numérique360 part à la rencontre d’élus et de porteurs de projets qui sont passés à l’action

En quoi consiste concrètement votre projet et quels en sont les principaux objectifs ?

François Durquety : Bordeaux Métropole a mis en place un « calque de plantabilité » sur son SIG pour favoriser la végétalisation tout en répondant aux contraintes urbaines. L’un des principaux défis est la présence de réseaux enterrés, qui imposent une distance minimale de deux mètres pour toute plantation. En ville, ces réseaux étant omniprésents, cela limite fortement les possibilités de végétalisation sans adaptation. C’est là que les calques interviennent.

Gabriel Dos Santos : Ces outils cartographiques numériques permettent d’identifier les zones où la plantation est possible. En croisant diverses données souterraines et de surface, un indice est attribué à chaque carreau de 5 mètres sur 5, exprimant la facilité ou la difficulté de planter. Ce calcul repose sur des coefficients attribués aux différents éléments : un réseau de chaleur, interdisant toute plantation, aura une pondération négative, tandis qu’une zone de pleine terre recevra une note positive. Cette méthodologie a été définie en concertation avec l’ensemble des acteurs concernés.

Comment le sujet s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?

François Durquety : Je suis responsable du programme Plantons 1 million d’arbres, lancé en 2020 par Bordeaux Métropole. L’objectif est explicite : planter un million d’arbres à horizon 2030. Mon rôle consiste à piloter cette opération en mobilisant divers leviers, tant au sein des services métropolitains, chargés de l’aménagement du territoire, qu’auprès des acteurs externes, car près des trois quarts du foncier ne sont pas maîtrisés par notre collectivité. Nous avons commencé à nous intéresser à cette démarche il y a un peu plus d’un an.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

François Durquety : Nous nous sommes directement inspirés de l’initiative menée par la Métropole du Grand Lyon. À Lyon, le calque a permis de mieux cibler les secteurs à forte densité urbaine, mais également les zones où l’urbanisme permettait de planter sans perturber les infrastructures existantes. À Bordeaux, le but est aussi d’améliorer le maillage vert entre les quartiers tout en facilitant l’accès aux espaces naturels pour tous.

Gabriel Dos Santos : Nous étions en contact avec DatAgora (Erasme), le laboratoire qui accompagne la Métropole du Grand Lyon dans le développement de cas d’usage autour des données. Ils avaient conçu ce calque de plantabilité. Cet outil étant en open source, il pouvait être répliqué et adapté par d’autres territoires. Lorsque nous en avons eu connaissance, nous l’avons proposé en interne, puis intégré aux discussions du groupe de travail sur la plantation, animé par François.

Quelles furent les phases préparatoires du projet ?

François Durquety : J’ai mis en place un groupe de travail réunissant les concessionnaires, car un enjeu majeur en milieu urbain est la cohabitation entre les arbres et les réseaux enterrés. Nous avons engagé un dialogue pour optimiser la coordination des travaux et explorer des solutions permettant, dans certains cas, de planter plus près des réseaux sans risque. Ce travail a commencé il y a deux ans et demi, bien avant son intégration dans notre stratégie de végétalisation. Une négociation a été nécessaire pour obtenir des cartes précises des réseaux. Si notre SIG contenait déjà certaines informations, elles restaient incomplètes. Grâce à une relation de confiance établie avec les concessionnaires, Enedis a partagé son réseau à grande échelle pour le calque de plantabilité, suivi par GRDF. En septembre dernier, le projet a définitivement pris forme.

Gabriel Dos Santos : En février 2025, nous arrivons à une étape clé avec la livraison d’un premier livrable. Depuis septembre, un travail de concertation a été mené. Nous avons adapté l’algorithme du Grand Lyon aux spécificités bordelaises. Plusieurs services ont été mobilisés pour affiner les critères de plantabilité, notamment ceux de l’espace public, de l’aménagement, des réseaux et de la mobilité. Là encore, nous nous sommes inspirés de la méthode lyonnaise, qui avait ajusté ses paramètres via des ateliers multi-expertises.

Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?

Gabriel Dos Santos : La maîtrise de l’interprétation des données est cruciale pour ce projet, notamment la capacité à travailler avec des Systèmes d’Information Géographique (SIG) et à analyser les données spatiales. Le calque de plantabilité repose sur la superposition de plusieurs couches géographiques, et comprendre ces données permet de déterminer les zones adaptées à la plantation. Une bonne connaissance des enjeux urbains, de la biodiversité, et des problématiques environnementales (îlots de chaleur, gestion des réseaux, de l’eau) est indispensable. Accompagnés par Ecolab, nous avons étudié la réplicabilité du modèle lyonnais pour le rendre adaptable aux territoires moins dotés en ressources internes.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?

Gabriel Dos Santos : Ce projet a été entièrement financé sur fonds propres et réalisé grâce aux compétences internes de Bordeaux Métropole. Nous avons la chance d’avoir en interne les compétences nécessaires pour réaliser le calcul de ce calque. C’est Thomas Sabourin, data scientist au sein du Data service, qui a conduit les travaux techniques en lien avec les services gestionnaires des données permettant d’aboutir au résultat pour Bordeaux Métropole. Toutefois, nous avons pu bénéficier du travail précédemment mené par la Métropole de Lyon, qui nous a transmis ses outils, facilitant ainsi la mise en œuvre. Par ailleurs, une réflexion est actuellement portée par Ecolab pour étudier comment ce modèle pourrait être repris par des collectivités et territoires de plus petite échelle, qui ne disposeraient pas forcément des mêmes moyens et compétences en interne pour se lancer.

Les citoyens ont-ils participé à la co-construction du projet ?

François Durquety : Non, pour l’instant, les citoyens n’ont pas été directement associés à ce travail. Les données collectées concernent l’ensemble du foncier, y compris le foncier privé, mais nous ne les avons pas encore inclus dans le processus, même si la finalité du projet, c’est d’améliorer le confort des citoyens face aux défis du changement climatique. Notre approche est vraiment tournée vers l’action concrète.

Quels sont les points positifs à retenir de cette réalisation ?

Gabriel Dos Santos : Je retiens plusieurs aspects positifs. Tout d’abord, la réplicabilité du projet : l’idée de capitaliser sur un modèle existant et de le rendre accessible à un plus grand nombre de collectivités. Ensuite, le fait que la data soit très concrète et utile au service des agents, et in fine des citoyens. Un autre point positif est la médiation avec les acteurs du territoire. Construire un outil partagé avec ces acteurs est essentiel pour garantir que ce projet ait un impact réel et durable. Chacun y voyant un intérêt, des propositions concrètes visant à améliorer le résultat ont été formulées sans que nous l’ayons anticipé. Par exemple, des gestionnaires de réseaux ont proposé d’ajouter la notion de vétusté des réseaux comme une opportunité de leur renouvellement.

Quels sont les points de vigilance que vous retenez de cette réalisation ?

François Durquety : Il subsiste la question de l’appropriation de l’outil par les services. Bien que les utilisateurs commencent à s’impliquer, ce n’est pas toujours facile. C’est un processus complexe, et il faut veiller à ce que les équipes s’approprient bien l’outil pour qu’il soit réellement efficace. Un autre frein éventuel est la transmission des données. Nous avons enregistré quelques retards, notamment pour la mise à disposition de certaines données. Ces démarches administratives et juridiques prennent du temps.

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Les Interconnectés est la première association nationale de collectivités centrée sur les politiques publiques numériques. Créée en 2009 par France urbaine et Intercommunalités de France, sa mission est d’accompagner les élus et les agents des collectivités pour mettre l’innovation et le numérique au service des territoires. Interlocuteur de référence de l’État, elle mobilise les acteurs et les experts afin de faciliter la mise en œuvre sur le terrain d’un numérique social, sobre et éthique.

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Le projet en détails

Dates clés

2020

Mise à l’agenda pour Plantons 1 million d’arbres

Septembre 2024

Compétences

février 2024 à février 2025

Diagnostic et planification

2030

Réalisation

Chiffres clés

1

Million d'arbres d’ici 2030

100

% du projet financé sur fonds propres

5

Gestionnaires majeurs ayant partagé leurs données : Enedis, GRDF, Régaz, Eau de Bordeaux, SIAO (Syndicat Intercommunal d’Alimentation en Eau Potable)

À retenir

Bordeaux Métropole a développé un "calque de plantabilité" dans son SIG pour identifier les zones où la plantation d’arbres est possible, en prenant en compte les contraintes urbaines comme la présence de réseaux enterrés.

L’initiative s’inspire du modèle développé par la Métropole du Grand Lyon et a été adaptée aux spécificités bordelaises. Le projet est conçu pour être répliqué dans d’autres collectivités, notamment avec l’appui d’Ecolab.

La réussite du projet repose sur une concertation étroite entre les services métropolitains, les gestionnaires de réseaux et les experts en données, afin de garantir une mise en œuvre efficace et adaptée aux réalités du territoire.

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