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À Mormoiron (84), un parking intelligent pour financer la préservation d’un plan d’eau

Niveau d'expertise : intermédiaire

Cet article a été rédigé par

Cette commune du Vaucluse a équipé son plan d’eau d’une solution de parking intelligent. Sans barrière, ce dispositif repose sur une lecture des plaques d’immatriculation par des caméras. Déployé en moins de six mois, le nouvel équipement permet de financer l’entretien du site, de réguler la fréquentation et de simplifier le contrôle par la police municipale.

L’année prochaine, l’entretien du plan d’eau sera totalement couvert par les recettes du parking.

Bernard Le Dily

La commune de Mormoiron (Vaucluse) a équipé le parking de 300 places de son plan d’eau d’une solution de stationnement intelligent sans barrière. Déployé en moins de six mois, le dispositif PrestoScan (IEM) repose sur la lecture automatique des plaques d’immatriculation à l’entrée et à la sortie du site, puis sur un paiement via deux horodateurs solaires ou une application mobile. Les résidents sont exemptés après enregistrement de leur plaque. Amorti dès la première saison estivale, l’investissement (environ 34 000 €) contribue à financer l’entretien du plan d’eau (environ 60 000 €/an), à réguler la fréquentation et à faciliter le contrôle par la police municipale.

En quoi consiste concrètement votre projet et quels en sont les principaux objectifs ?

Ce projet consistait à déployer un système de stationnement intelligent sans barrière sur le parking de 300 places du plan d’eau de Mormoiron. Nous avons opté pour la solution PrestoScan d’IEM, qui repose sur la lecture automatique des plaques d’immatriculation à l’entrée et à la sortie du site. Les usagers régularisent ensuite leur stationnement via deux horodateurs solaires ou par paiement mobile. Les plaques des véhicules n’ayant pas payé sont identifiées – le lendemain ou quelques jours plus tard - par notre policier municipal, qui peut alors établir un forfait post-stationnement. Les habitants de la commune sont exemptés du paiement du stationnement, à la condition d’avoir préalablement transmis leur numéro de plaque.

Les objectifs étaient multiples. D’abord, financer durablement l’entretien du plan d’eau, dont les charges annuelles s’élèvent à environ 60 000 euros, sans augmenter la fiscalité locale. Ensuite, mettre en place une solution techniquement simple, compatible avec les moyens humains limités de la commune. Nous ne disposons en effet que d’un seul policier municipal. Enfin, cette solution devait également nous aider à réguler la fréquentation estivale du site, afin de préserver cet espace naturel sensible et réduire les incivilités constatées les années précédentes.

Comment le sujet s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ? (Irritants, problématique, besoin, nouvelle obligation légale…)

Le sujet s’est imposé dans un contexte politique et budgétaire particulier. À la suite d’élections municipales anticipées en 2024, avec la nouvelle équipe élue, nous avons hérité d’une situation financière dégradée. Parmi les postes de dépenses significatifs figurait le plan d’eau communal, créé en 1998 sur une ancienne carrière et devenu l’un des rares lieux de baignade du département. Chaque année, la commune supportait entre 50 000 et 60 000 euros de charges liées à l’entretien, à la sécurité, à la surveillance estivale et à l’aménagement des abords. De plus, tous les quinze ans, une vidange réglementaire du lac représente en outre un coût d’environ 100 000 euros.

Or, malgré une fréquentation importante – environ 15 000 véhicules et 45 000 visiteurs durant la saison estivale – aucun impact économique significatif n’était observé pour le centre du village, situé à plus d’un kilomètre du site. Les visiteurs extérieurs se rendaient directement au plan d’eau, sans passer par le village. La commune assumait donc seule les charges d’un équipement utilisé majoritairement par des visiteurs extérieurs.

Face à cette situation, nous avons cherché une solution permettant de générer des recettes sans recourir à une hausse d’impôts. La mise en place d’un parking payant s’est rapidement imposée comme un levier de financement pertinent, à condition qu’il soit simple à déployer et compatible avec des moyens humains limités de la commune.

Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?

Nous n’avions pas, au départ, un modèle précis en tête. Une fois le principe d’un stationnement payant acté, nous avons lancé une consultation et rencontré trois sociétés proposant des concepts différents. Certaines solutions reposaient sur des parkings fermés avec barrière, d’autres sur des dispositifs plus souples. C’est à travers cette mise en concurrence que nous nous sommes fait une idée claire des possibilités techniques, des contraintes juridiques et des coûts associés. Nous voulions éviter un système lourd à exploiter ou nécessitant du personnel supplémentaire.

Le choix s’est donc orienté vers la solution la plus adaptée à la taille de notre commune : un dispositif sans barrière, léger en infrastructure, compatible avec nos moyens humains et financièrement soutenable. Nous avons aussi pu nous appuyer sur les compétences internes d’un élu ayant une expérience professionnelle dans les systèmes de télésurveillance. Cela nous a permis d’évaluer plus finement la fiabilité technologique du projet et sa facilité de déploiement. Finalement, nous avons donc retenu PrestoScan d’IEM car cela nous a semblé être la plus adaptée à nos besoins.

Y a-t-il des compétences ou sujets spécifiques à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?

Le système fonctionne avec un recouvrement conventionné. L’installation n’a pas nécessité de travaux lourds ; cela s’est résumé essentiellement à la pose et le câblage des horodateurs, puisque le parking était déjà aménagé. Pour nous, il n’y a pas eu de difficulté particulière. Le dispositif s’est révélé simple à mettre en œuvre et compatible avec l’organisation de la commune.

En pratique, le dispositif repose sur la lecture automatique des plaques à l’entrée et à la sortie du parking. Les usagers régularisent ensuite leur stationnement via deux horodateurs solaires ou par paiement mobile. Le lendemain, le policier municipal consulte, depuis son poste de travail, la liste des véhicules qui sont entrés et sortis sans avoir régularisé leur situation. Il peut alors établir un forfait post-stationnement. Les images sont conservées pendant plusieurs jours, ce qui permet au policier, même s’il est absent une semaine ou deux, de rattraper les infractions constatées.

Quelles furent les phases préparatoires du projet ? Avez-vous mené une étude en amont du projet pour définir sa faisabilité ?

Les phases préparatoires ont été menées dans un calendrier très resserré. L’équipe municipale a été élue mi-novembre 2024 et nous savions que nous devions avancer rapidement avant l’entrée en période préélectorale à l’automne 2025. Nous avons d’abord travaillé sur la définition précise du besoin : trouver un mode de financement pérenne pour le plan d’eau, compatible avec les moyens humains de la commune. Nous nous sommes appuyés sur les données dont nous disposions déjà, notamment sur le comptage estival des véhicules réalisé les années précédentes et mentionné plus haut. Ces éléments nous ont permis d’évaluer la faisabilité financière du projet. Le prestataire a ensuite été retenu au printemps et l'installation a été réalisée pour une mise en service le 7 juillet 2025.

Comment avez-vous assuré le bon dimensionnement du projet ?

Le dimensionnement du projet a d’abord reposé sur la configuration du site : un parking de 300 places et une fréquentation très concentrée sur la période estivale. Nous avons veillé à adapter le dispositif aux usages réels et aux contraintes locales. Le choix de deux horodateurs répondait à une logique simple : garantir la continuité de service en cas de panne et fluidifier le paiement lors des pics d’affluence. Le système sans barrière s’est également imposé pour éviter des aménagements lourds et préserver la souplesse d’exploitation.

Nous avons par ailleurs recherché un équilibre entre investissement initial et capacité de retour financier. Le montant engagé restait compatible avec les capacités de la commune et cohérent avec la fréquentation observée. L’objectif était que le dispositif puisse, à terme, couvrir les charges liées au plan d’eau.

Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles ont été les aides sollicitées/obtenues ?

Le projet a été financé intégralement sur les fonds propres de la commune de Mormoiron. L’investissement initial, compris entre 33 000 et 34 000 euros, n’a donné lieu à aucune subvention ni aide extérieure. Le choix a été fait d’un modèle économiquement soutenable, permettant un retour sur investissement rapide grâce aux recettes générées par le stationnement. Dès la première saison estivale, l’installation a été amortie. Le coût annuel d’exploitation, estimé à environ 10 000 euros, est lui aussi couvert par les recettes du parking.

Quels sont les autres acteurs qui vous ont accompagné dans la préparation et la réalisation de ce projet ?

Le projet a été porté directement par la commune. Un élu disposant d’une expérience professionnelle dans la télésurveillance a pris en charge le suivi technique. La société IEM a assuré l’installation et la maintenance. En cas de problème technique, un technicien peut être contacté dans la journée. Le recouvrement des forfaits post-stationnement est conventionné.

Concernant l’adhésion des habitants, les citoyens de Mormoiron ont été favorables au projet. Les résidents sont exemptés du paiement et, lorsque la municipalité a expliqué que 50 000 à 60 000 euros d’impôts étaient mobilisés chaque année pour l’entretien d’un équipement principalement fréquenté par des visiteurs extérieurs, l’accueil a été très positif. Du côté des usagers extérieurs, cela a été un peu plus difficile à expliquer. Une phase d’adaptation a été nécessaire, mais les tensions évoquées au début de la saison se sont apaisées par la suite.

Quels conseils donneriez-vous à un élu qui souhaiterait se lancer dans un projet similaire ?

Je dirais d’abord qu’il ne faut pas hésiter. Pour une commune comme la nôtre, le résultat est loin d’être négligeable. L’année prochaine, l’entretien du plan d’eau sera totalement couvert par les recettes du parking. C’est la première fois depuis 1998 que nous n’alourdissons pas les charges de la commune pour financer ce site de baignade.

Il est important d’avoir une vision claire des objectifs : dans notre cas, il s’agissait de trouver un mode de financement durable. Il faut aussi adapter la solution à la réalité de sa collectivité. Enfin, il faut expliquer la démarche aux habitants. Lorsque les chiffres sont posés clairement et que chacun comprend les enjeux financiers, l’adhésion est au rendez-vous. Il peut y avoir des réticences au départ, notamment chez les usagers extérieurs, mais avec le temps, le dispositif entre dans les habitudes.

Le projet en détails

Dates clés

  1. Janvier 2025

    Élaboration du cahier des charges et consultation

  2. Mai 2025

    Choix du prestataire et installation des équipements

  3. 7 juillet 2025

    Mise en service du parking intelligent

  4. Octobre 2025

    Investissement intégralement remboursé

Chiffres clés

  • 300

    places, capacité du parking

  • 60 000

    euros, coût annuel de préservation du plan d’eau

  • 10 000

    euros, coût annuel d'exploitation de l'installation

À retenir

  • Un équilibre financier inédit. Pour la première fois depuis 1998, l’entretien du plan d’eau est intégralement couvert par les recettes du stationnement, sans alourdir la fiscalité locale.

  • Une baisse des incivilités. La mise en place du dispositif a contribué à limiter certains comportements problématiques observés les saisons précédentes.

  • Le passage au parking payant a dans un premier temps indisposé les visiteurs extérieurs à la commune, mais cela s’est tassé rapidement.

Ressources

  • Gratuité du parking du Plan d’eau des Salettes

    Communication de la ville de Mormoiron

    Je découvre

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