DataBFC TID
Le projet DataBFC TID (Territoires Intelligents et Durables) est une initiative régionale de Bourgogne-Franche-Comté qui associe des capteurs IoT et une plateforme de données pour accompagner les collectivités dans la gestion de leurs territoires. Ce dispositif leur permet d'exploiter des données territoriales concrètes pour améliorer leurs services publics et accompagner la transition écologique. Cet article propose une définition simple, technique et juridique de DataBFC TID, ainsi que des cas
Définitions
Définition simple et générale
DataBFC TID signifie DataBFC – Territoires Intelligents et Durables. Il s'agit d'un projet régional porté en Bourgogne-Franche-Comté pour aider les collectivités à utiliser la donnée afin de mieux comprendre leur territoire, améliorer leurs services publics et accompagner la transition écologique. Le projet associe la Région Bourgogne-Franche-Comté, l'ARNia et la société Upciti.
DataBFC TID est lauréat de l'appel à projets « Territoires Intelligents et Durables » du plan d'investissements France 2030, opéré par la Banque des Territoires pour le compte de l'État. Ce statut de lauréat de l'appel lui confère un financement dédié de 2,3 millions d'euros de subvention France 2030, sur un montant total de 5,9 millions d'euros. Les 3,6 millions d'euros restants sont financés par le consortium.
Son principe : des capteurs installés sur le terrain collectent des informations utiles (flux routiers, fréquentation de parkings, passages piétons ou cyclistes, fréquentation commerciale, usages de déchetteries, nuisances sonores, dépôts sauvages, etc.), puis ces données sont traitées, sécurisées, visualisées et mises à disposition des collectivités via une plateforme régionale.
L'objectif n'est pas de « connecter » un territoire pour le principe, mais de produire des informations concrètes pour éclairer les décisions publiques. Une commune peut, par exemple, mieux comprendre la fréquentation de son centre-ville, adapter ses aménagements, optimiser la gestion d'un parking ou améliorer la gestion des déchets.
DataBFC TID s'inscrit dans la logique des territoires intelligents et durables : utiliser les technologies numériques comme un outil au service de la qualité de vie, de la sobriété, de la transparence publique et de l'efficacité des politiques locales.
Le projet a été conçu comme une expérimentation de trois ans à destination de collectivités pilotes en Bourgogne-Franche-Comté : Lure, Joigny, Louhans, Châteauneuf-en-Auxois, Pays de Montbéliard Agglomération, la Communauté de communes du Jovinien et Grand Belfort Communauté d'Agglomération.
Définition technique
Sur le plan technique, DataBFC TID repose sur trois briques principales : des capteurs IoT, une plateforme régionale de données et des outils de visualisation ou d'aide à la décision.
Les capteurs installés dans l'espace public permettent de mesurer des phénomènes territoriaux : flux de véhicules, passages piétons, fréquentation de parkings, usage d'aires de covoiturage, flux touristiques, niveaux sonores ou fréquentation de certains équipements. Ces données sont ensuite envoyées vers une infrastructure numérique qui les centralise, les sécurise et les rend exploitables.
La plateforme DataBFC joue le rôle de socle de gestion des données territoriales. Elle permet de collecter, stocker, structurer, sécuriser, analyser et partager des données locales dans un environnement souverain, hébergé en Bourgogne-Franche-Comté et opéré par l'agence régionale du numérique ARNia (Agence Régionale du Numérique et de l'intelligence artificielle). Cette infrastructure publique régionale accompagne les collectivités dans la mise en œuvre de services innovants fondés sur la donnée et, de plus en plus, sur l'intelligence artificielle.
Cette plateforme est pensée pour des collectivités qui n'ont pas toujours les moyens techniques de développer seules un datalake, un portail open data, un système d'information géographique ou des tableaux de bord métiers. Elle propose une approche mutualisée pour rendre la donnée plus accessible, plus lisible et plus utile à l'action publique locale. DataBFC peut servir à construire des observatoires territoriaux, des tableaux de bord, des cartes, des intranets métiers ou des outils de valorisation de données ouvertes et privées.
La logique technique repose aussi sur l'interopérabilité. Les données collectées doivent pouvoir être croisées avec d'autres jeux de données : mobilité, foncier, environnement, fréquentation, déchets ou données issues de systèmes métiers. L'intérêt est de produire une vision plus complète d'un phénomène local, plutôt qu'un simple comptage isolé.
Dans cette architecture, la donnée passe par plusieurs étapes : collecte, hébergement, sécurisation, traitement, visualisation, partage et éventuellement ouverture sous forme d'open data lorsque cela est possible. Cette chaîne permet de transformer une mesure brute en indicateur utile pour les élus, les agents ou les habitants.
Impacts et enjeux : définition juridique et réglementaire
Le premier enjeu de DataBFC TID, lauréat de l'appel à projets France 2030, est la maîtrise de la donnée publique territoriale. Les collectivités produisent déjà de nombreuses données, mais celles-ci restent souvent dispersées entre services, logiciels métiers, fichiers ou prestataires. Une plateforme régionale permet de les structurer, de les croiser et de les rendre exploitables dans un cadre commun, en garantissant le suivi du cycle de vie complet de chaque donnée, de la collecte à l'archivage.
Le deuxième enjeu concerne la souveraineté numérique. DataBFC est présenté comme une plateforme souveraine de gestion des données territoriales, hébergée et administrée en Bourgogne-Franche-Comté. Pour une collectivité, cela signifie que l'exploitation des données s'appuie sur une infrastructure régionale, avec une gouvernance publique et une meilleure maîtrise des conditions d'hébergement et de partage.
Le troisième enjeu porte sur la protection des données et la transparence. Toutes les données collectées ne sont pas nécessairement des données personnelles. Un comptage anonyme de flux peut être conçu pour ne pas identifier les individus. En revanche, dès qu'une donnée permet d'identifier directement ou indirectement une personne, le RGPD s'applique : finalité claire, minimisation, durée de conservation maîtrisée, sécurité et information des personnes.
À ce titre, la ville de Lure mène une expérimentation de transparence numérique dans l'espace public, avec des panneaux expliquant aux habitants la présence de capteurs, les données collectées et leur usage.
Le quatrième enjeu est l'aide à la décision publique et la sobriété. DataBFC TID permet d'objectiver des phénomènes souvent connus de manière intuitive mais rarement mesurés : fréquentation d'un centre-ville, saturation d'un parking, usage réel d'une piste cyclable, nuisances sonores ou dépôts sauvages. Cette objectivation aide à prioriser les investissements et à réduire l'empreinte écologique des services publics en optimisant leur gestion.
Enfin, le cinquième enjeu concerne la mutualisation. Le projet permet à des communes rurales, des petites villes et des intercommunalités de bénéficier d'outils numériques avancés sans devoir porter seules l'ensemble des coûts et des compétences nécessaires. Cette logique rend les démarches de territoire intelligent plus accessibles, comme l'illustre la ville de Lure qui expérimente plusieurs cas d'usage concrets malgré sa taille modeste.
Cas d'usage
DataBFC TID propose plusieurs cas d'usage permettant aux collectivités de mieux comprendre et piloter leur territoire grâce à des données objectives. Ces applications répondent à des besoins concrets d'aménagement, de gestion de services et de transition écologique. En 2025, la Région accompagne sept collectivités dans la mise en œuvre de huit cas d'usage distincts, dont la ville de Lure qui expérimente plusieurs dispositifs simultanément.
| Cas d'usage | Exemple concret |
|---|---|
| Fréquentation des centres-villes | Mesurer les flux piétons pour adapter les aménagements commerciaux et évaluer l'impact d'événements locaux |
| Gestion des parkings et covoiturage | Suivre l'occupation de parkings touristiques ou d'aires de covoiturage pour informer les usagers en temps réel |
| Flux cyclistes et piétons | Comptabiliser les passages sur voies cyclables afin de justifier l'entretien ou la création de nouvelles liaisons |
| Gestion des déchets | Analyser la fréquentation de déchetteries, identifier les pics d'usage et contribuer à la lutte contre les dépôts sauvages |
| Nuisances sonores | Objectiver les niveaux sonores autour d'axes de circulation ou d'équipements pour adapter les aménagements |
| Tableaux de bord territoriaux | Consolider des indicateurs sur la mobilité, l'énergie, le foncier ou l'attractivité d'une zone d'activité |
| Open data territorial | Publier des données anonymisées pour favoriser la transparence et permettre leur réutilisation par les acteurs locaux |
La ville de Lure illustre cette démarche en déployant une soixantaine de capteurs pour mesurer la fréquentation du centre-ville, les flux piétons et cyclistes depuis la gare, les dépôts sauvages, les niveaux sonores et l'éclairage public. D'autres territoires comme la communauté de communes du Jovinien ou le Pays de Montbéliard Agglomération expérimentent des cas d'usage adaptés à leurs enjeux locaux, qu'il s'agisse de gestion d'équipements, de suivi touristique ou d'optimisation de services publics. Ces expérimentations visent à produire des indicateurs fiables permettant d'éclairer les décisions publiques et d'améliorer les services rendus aux habitants.