La Sarthe (72) déploie un réseau LoRa pour y accueillir 40 000 objets connectés
Le syndicat mixte Sarthe Numérique qui assure depuis 2005 l’aménagement numérique du département de la Sarthe a déployé un réseau LoRaWAN pour optimiser la connectivité IoT en complément de la fibre optique.
Ce projet, financé via un partenariat public-privé (2,5 M€), a pour ambition d’offrir de nouveaux débouchés sur le département, grâce au développement d’une nouvelle filière IoT qui optimisera la gestion de services tels que l’éclairage public, la gestion des déchets et de l’eau et celle des bâtiments.
Pour en parler, nous avons rencontré Nicolas Hecq, Directeur du Syndicat Mixte Sarthe Numérique.




Entretien avec Nicolas Hecq

Ce projet est présenté par :
- Nicolas Hecq, Directeur de Sarthe Numérique.
Parole de collectivité
Afin de vous permettre de mieux appréhender la mise en place des projets numériques, data et IA sur votre territoire, Numérique360 part à la rencontre d’élus et de porteurs de projets qui sont passés à l’action
Comment ce sujet s’est-il imposé à l’agenda de votre collectivité ?
Le projet est né d’un constat : le nombre d’objets connectés (IoT) — comme les compteurs d’eau, les capteurs de qualité de l’air ou les dispositifs de suivi énergétique — augmente de manière exponentielle sur le territoire. Pour répondre à la demande croissante de connectivité de ces objets, la fibre optique seule ne suffisait plus ! Comme il existe aujourd’hui des technologies plus performantes, capables de prolonger notre infrastructure fibre et de centraliser les données de tout le territoire, nous avons décidé de mettre en place une plateforme dédiée à connecter l’ensemble des objets dispersés en Sarthe.
Nous avons donc choisi d’installer la technologie LoRa, un réseau très bas débit qui déploie une connectivité adaptée aux besoins des zones rurales. Ce projet s’inscrit parfaitement dans notre ambition initiale : garantir un aménagement numérique équitable pour tous les Sarthois. Nous avions signé en 2019 un contrat de délégation de service public (DSP) avec notre délégataire, Sartel THD, pour parvenir à cet objectif. Le déploiement du réseau LoRa est une sorte d’avenant à ce contrat.
Quelles sont les sources d’inspiration que vous avez suivies pour vous faire une idée de ce projet ?
Cette ambition nous a été inspirée par notre expérience avec le déploiement de la téléphonie mobile. À l’époque, les opérateurs privés avaient priorisé les zones denses, et ce sont les collectivités qui ont dû intervenir pour couvrir les zones blanches. Nous ne voulions pas répéter ce scénario.
Nous avons mis en place une veille approfondie, avec l’aide de notre assistance à maîtrise d’ouvrage et de notre délégataire, pour analyser les solutions existantes en matière de connectivité IoT à l’échelle nationale et internationale. C’est la technologie LoRa qui s’est imposée.
Est-ce qu’une étude de faisabilité et/ou d’impact a été réalisée sur ce projet ?
Oui, absolument. Avant de lancer le projet, notre délégataire, Sartel, nous a suggéré un scénario de déploiement accompagné d’une étude de faisabilité, incluant plusieurs volets : la définition des services à atteindre, les propositions techniques pour le prolongement de l’infrastructure, des modèles économiques, ainsi que des stratégies commerciales pour le réseau.
Concernant les compétences, quels sont les principaux sujets à maîtriser avant de se lancer dans ce projet ?
Sur le volet technique, il est important de s’acculturer aux technologies IoT. Aujourd’hui, nos principaux objets connectés concernent les compteurs d’eau potable et la télérelève : le domaine le plus avancé reste la gestion de l’eau. Cependant, nous développons aussi des projets d’éclairage public, de gestion des déchets et des bâtiments avec des dispositifs comme les VMC.
Pour monter en compétences, nous avons recruté un responsable du pôle Territoires Durables et Connectés, qui s’appuie sur des études comparatives et des échanges avec des interlocuteurs comme l’Avicca et la FNCCR.
Il faut travailler main dans la main avec les experts métiers, afin de concevoir une infrastructure qui complète leurs systèmes existants sans chercher à les remplacer. Nous avons échangé directement avec des industriels (Véolia, Suez) lors d’événements comme le Carrefour de l’eau.
Lors de la phase de diagnostic et de planification, comment la collectivité a-t-elle assuré le bon dimensionnement du projet et l’adhésion des citoyens ?
Nous avons décidé de structurer le projet en deux phases.
La première consistait à établir un niveau de couverture de base à l’échelle départementale, suffisant pour lancer les premiers usages, comme la télérelève des compteurs d’eau potable ou le suivi des armoires d’éclairage public.
Afin d’éviter des dépenses inutiles, la deuxième phase de densification est activée au cas par cas, en fonction des besoins identifiés sur le terrain, comme les capteurs pour la gestion des déchets ou la supervision des systèmes de ventilation dans les bâtiments publics.
Concernant l’adhésion, nous avons organisé des réunions d’information et aménagé un showroom dans nos locaux, équipé de maquettes animées, de capteurs physiques et de dalles interactives. Ce type d’outil est destiné aux élus et aux entreprises. L’engagement citoyen direct est encore limité, mais nous anticipons que cela évoluera à l’avenir, grâce aux services qui bénéficieront à la population.
Comment la collectivité a-t-elle financé ce projet et quelles sont les aides sollicitées/obtenues ?
Ce projet a été financé dans le cadre d’un partenariat public-privé, avec un budget total de 2,5 millions d’euros. Une partie des fonds a été apportée par notre délégataire, Sartel THD, et le reste a été financé sur les fonds propres de Sarthe Numérique (1, 6 millions d’euros). Cet apport a permis de subventionner l’investissement initial, c’est-à-dire le déploiement des antennes LoRa sur l’ensemble du département. Pour ce qui est de la densification du réseau, elle sera ajustée en fonction des besoins futurs.
Quels sont les autres acteurs qui ont accompagné dans la préparation et la réalisation de ce projet ?
Outre Sartel THD, notre délégataire, nous avons été accompagnés par un groupement d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) composé de Tactis, en tant que mandataire principal, du cabinet d’avocats Bersay & Associés pour la compétence juridique, et du cabinet d’expertises financières locales Michel Klopfer.
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Le projet en détails
Dates clés
2020
2020 - 2022
2022 - 2023
Chiffres clés
100
450
40 000
À retenir
Gestion de l’eau : grâce à la télérelève des compteurs, les syndicats d’eau potable peuvent surveiller les consommations en temps réel, détecter rapidement les fuites et améliorer la facturation.
Gestion énergétique des bâtiments : des opportunités imprévues, comme la supervision des systèmes de ventilation (VMC) dans les logements sociaux, ont émergé en discutant avec les techniciens.
Difficulté de concilier les besoins à long terme des collectivités avec un marché IoT qui évolue très vite, sans modèle économique défini.
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